Publié le 13 juillet 2022 à 6h00 Mis à jour le 13 juillet 2022 à 8h31
“Vous cassez la banque !” Des attaques de droite ont éclaté mardi. Par ces mots prononcés lors de la séance de questions au gouvernement, le conseiller budgétaire a cherché à repenser les revendications des républicains, alliés potentiels de la majorité, au moment où s’ouvre le débat sur le projet de loi de finances rectificative.
“La somme de tous vos amendements est de 100 milliards d’euros, la TVA devrait être doublée”, a poursuivi Gabriel Attal. Dans la matinée, lors d’un meeting au Medef, le ministre de l’Economie et des Finances a également sanctionné la “folie financière” des propositions de l’opposition sur le pouvoir d’achat. “Je vois avec une grande inquiétude se multiplier pendant quelques jours, quelques heures, les seuls amendements à passer au texte du pouvoir d’achat”, a déclaré Bruno Le Maire, pointant à droite.
Prix de l’essence
Deux blocs d’amendements LR sont sous le feu des projecteurs du gouvernement. Le premier fait référence au prix du carburant à la pompe. Les républicains veulent un blocus à 1,50 euro le litre. Une proposition qui coûterait “des dizaines de milliards d’euros”, selon le ministre de l’Economie. “Nous sommes censés exiger une forte baisse des taxes sur les carburants qui profite à tous sans discernement, plutôt qu’un dispositif défaillant qui ne serait que temporaire et qui ne profite qu’aux ménages les plus précaires”, affirment les députés de droite, qui ont mis la mesure à 30%. .milliards si le prix de l’essence reste à 2,10 euros le litre.
LR réclame également la suppression de la TVA assise sur la taxe sur la consommation intérieure des produits énergétiques (TICPE), “la fameuse taxe fiscale absolument aberrante et insupportable pour les Français”, disent-ils. Ils devraient avoir le soutien des socialistes, qui ont déposé un amendement similaire à l’automne dernier lors du débat sur le budget 2022.
“Nous voulons réduire les impôts des Français et supprimer la TVA de toutes les taxes sur l’énergie”, a déclaré aux “Echos” Véronique Louwagie, vice-présidente LR de la commission des Finances. A droite, ces mesures doivent être comparées en termes de coûts avec les recettes fiscales générées depuis le début de l’année et être accompagnées de “mesures d’économies ambitieuses”, peut-on lire dans l’amendement LR.
Boom du CSG
Bercy, qui a déjà exprimé son opposition à de telles mesures, a ouvert une voie de compromis avec la droite en proposant de prolonger par amendement la prime de 18 centimes sur l’essence jusqu’à la fin de l’année. A ce stade, la facture du pouvoir d’achat envisage une baisse progressive qui conduirait à son extinction totale au 1er décembre. Elle entend également verser une subvention spécifique au carburant aux travailleurs à faible revenu. Mais pour Véronique Louwagie, “c’est une véritable usine à gaz”.
Autre proposition de la droite que Bercy pressait : l’annulation de la « hausse de la CSG 2018, qui continue de faire souffrir 60 % des retraités français ». Le groupe LR reproche au gouvernement de faire subir “à 8 millions d’entre eux une augmentation de 25% de leur CSG sans aucune indemnité” et parle de “harcèlement injuste à l’encontre de ceux qui ont travaillé toute leur vie”. Selon les républicains, un retour à la situation d’avant 2018 coûterait 2,8 milliards d’euros.
Moins explosive, la question de la prime à la valeur ajoutée – la “prime Macron” versée par les employeurs – sera également débattue. Le gouvernement a proposé son triplement mais l’exonération fiscale et sociale totale tant pour le salarié que pour l’employeur, exceptionnellement possible, ne s’inscrit pas dans le cadre d’un dispositif permanent. Dès lors, la droite veut modifier le mécanisme proposé.
Aide aux adultes en situation de handicap
Le découplage de l’allocation d’invalidité pour adultes en situation de handicap a déjà donné lieu à une fusillade lundi soir, malgré le soutien d’Elisabeth Borne la semaine dernière. « L’amendement présenté par les députés LR a été rejeté sous prétexte qu’il était mal rédigé ! étouffe Véronique Louwagie : “Ça n’honore pas la majorité.”
Une fois ce n’est pas coutume, les députés socialistes sont dans la même lignée. Ils ont déposé un amendement pour “cesser de prendre en compte dans leur calcul les revenus du conjoint de la personne handicapée, afin de permettre plus d’autonomie aux personnes handicapées, notamment les femmes, souvent victimes de cette méthode”. de calcul.
Les élus de gauche combattront également la proposition du gouvernement de permettre la mise en place d’accords d’intéressement par décision unilatérale de l’employeur. Un amendement a été déposé pour limiter cette possibilité au seul cas où il n’existe pas d’instances représentatives du personnel dans l’entreprise (salarié de moins de 50 salariés).