Les débats durent depuis plus d’une semaine et ce n’est pas encore fini. Les membres de l’Assemblée nationale ont continué à s’en prendre à diverses mesures relatives au pouvoir d’achat. Après avoir voté vendredi le projet de loi “Mesures d’urgence pour la protection du pouvoir d’achat”, ils ont débattu du projet de loi de finances rectificative (“PLFR”) dans la nuit du lundi 25 au mardi 26 juillet.
Mais ils ne sont pas parvenus à un accord, ce qui a provoqué l’agacement de Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances. “On assiste à une véritable déformation du débat démocratique”, a-t-il déclaré devant la chambre avant de dénoncer des “débats sans fin” et “la politique pure”.
“J’en appelle au MoDem, Horizons, Républicains et Renaissance, faisons les comptes publics !”
Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances
à l’Assemblée nationale
Les discussions ont échoué et les esprits se sont embrasés, retardant l’approbation de cette proposition de budget 2022 amendée, avec plus de 230 amendements encore à l’ordre du jour. Avant le dîner, le gouvernement a essuyé un nouveau revers : les oppositions se sont réunies pour voter 230 millions d’euros en faveur du chauffage des logements au diesel, un amendement de LR contre l’inflation. L’exécutif a privilégié une aide de 50 millions d’euros destinée aux ménages modestes. “Nous considérons que ce sont des dossiers importants, urgents, décisifs (…) Il n’y a pas de volonté de blocage”, a assuré LFI Manuel Bompard.
L’Assemblée doit examiner le financement par l’Etat de la renationalisation à 100% d’EDF, une opération de 9,7 milliards d’euros destinée à sortir le groupe de production et de distribution d’électricité de son ornière financière et industrielle. L’Etat détient déjà 84% d’EDF et compte lancer une offre publique d’achat (OPA) qui se terminera fin octobre. Les partis d’opposition n’y sont pas hostiles, mais ils posent leurs conditions concernant la réorganisation d’EDF et la politique énergétique.
Quant au carburant, Bercy est prêt à augmenter temporairement la décote sur le litre de carburant de 18 à 30 centimes, dans un compromis avec les députés républicains. Les eurodéputés ont également voté lundi, par le biais d’un amendement LR, un soutien financier de 15 millions d’euros aux petites et moyennes stations-service indépendantes, essentiellement en zone rurale. Ils ont également voté une aide de 15 millions d’euros pour renforcer l’aide alimentaire à l’étranger. Les députés ont suspendu leurs travaux peu après deux heures du matin et reprendront mardi en fin d’après-midi.