Premier Macron : le système fiscal et social revu en profondeur

Publié le 8 juillet 2022 à 17:08 Mis à jour le 8 juillet 2022 à 17:46

La promesse de campagne a été simple et efficace pour le candidat Macron : il a triplé une prime exceptionnelle au pouvoir d’achat (PEPA), jusqu’à 3 000 euros pour toutes les entreprises et 6 000 euros pour celles qui ont lancé un dispositif d’intéressement ou d’aide. Objectif : Permettre aux salariés de bénéficier davantage des résultats des entreprises grâce à un outil très simple. Et ce serait désormais permanent.

La mise en œuvre pratique est plus difficile. Car ce qu’il est permis de faire de manière exceptionnelle – une exonération fiscale et sociale totale tant pour le travailleur que pour l’employeur – n’est plus permis dans le cadre d’un régime permanent, lui aussi renforcé. L’Institut Montaigne a récemment pointé le risque de cannibalisation de la participation et de l’intéressement, moins avantageux (car surtout soumis à la CSG) que la prime Macron.

Principe d’égalité

Mais c’est surtout le Conseil d’Etat qui a conduit le gouvernement à revoir en profondeur sa copie, comme l’indique son avis publié vendredi sur le projet de loi sur le pouvoir d’achat. Après des échanges avec l’instance judiciaire, l’exécutif a finalement distingué deux régimes différents pour ce dispositif rebaptisé “compartiment à valeur ajoutée”.

Le premier plan sera pérenne et pourra bénéficier à tous les salariés, même au-delà des 3 SMIC, ce qui était une demande forte des employeurs pour que les managers puissent eux aussi être concernés par la prime Macron. Mais dans ce cas, la prime n’est pas exonérée d’impôts (elle est soumise à la CSG/CRDS et à l’impôt sur le revenu). L’employeur est exonéré de charges sociales. En revanche, vous devez payer le forfait social (20%), en termes d’intéressement (sauf dans les entreprises de moins de 250 salariés) et de participation.

Employeurs assez satisfaits

Le second dispositif sera transitoire, son champ d’application sera limité au 31 décembre 2023. Il ne concerne que les salaires inférieurs à 3 SMIC, cette fois avec exonération totale de la taxe pour le travailleur (ni CSG ni IR), mais toujours le forfait social par l’employeur. . Pourquoi un temps limité ? Le Conseil d’Etat a jugé que ce dispositif posait plusieurs difficultés “au regard du principe d’égalité devant les charges publiques”, notamment le fait que la défiscalisation ne tenait pas compte des revenus des ménages, alors que la prime pouvait devenir importante.

Toutefois, il a estimé que “l’intérêt général qui lie, en période de forte hausse de l’inflation, à la mise en place d’un système de protection du pouvoir d’achat, simple et rapide à mettre en oeuvre par les entreprises” peut s’admettre “de manière exceptionnelle et temporaire”. “, suggérant la date limite du 31 décembre 2023 (alors que l’exécutif a proposé le 31 décembre 2024).

Au final, et sous réserve des évolutions qui pourraient intervenir au Parlement, les entreprises disposeront donc jusqu’à fin 2023 d’une prime Macron tout aussi simple d’utilisation et dont le montant maximum sera triplé, mais désormais soumis à le paquet social de 20%, dont l’exécutif a à peine parlé. “Cela restera attractif dans le contexte inflationniste actuel”, précise toutefois une source chez le patronat. Quant au régime permanent, « on s’aligne exactement sur le système social d’intéressement », explique-t-on au sein du gouvernement. Cela permettra de contrer les critiques sur les risques de concurrence entre les différents mécanismes de participation.

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