Un “gentlemen’s agreement”. C’est en ces termes que Sepp Blatter, l’ancien président de la Fédération internationale de football (FIFA) qui comparaît pour escroquerie aux côtés de Michel Platini devant le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone (Suisse), décrit mercredi 9 juin l’accord passé entre lui et l’ancien directeur de l’UEFA en 1998. Un accord qui expliquerait tout, selon les deux prévenus, et qui est au cœur de cette affaire sur un versement suspect de 1,8 million d’euros.
En 1998, le Suisse, alors numéro deux de la FIFA, était candidat à la tête. Il demande à Michel Platini de rejoindre son équipe s’il est élu. L’ancien capitaine des Bleus avoue “je suis tombé amoureux du charisme de Blatter”, confie-t-il, au deuxième jour de ce procès. “Quand il m’a demandé combien je voulais, j’ai dit : ‘Un million par an…'” Un million de quoi ? “Pour m’amuser, j’ai dit pesetas, roubles, marks…” Ce sera finalement en francs suisses.
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Mais tout ne sera pas payé dans l’immédiat, les finances de la FIFA sont dans le rouge, selon Sepp Blatter. En attendant, il signe un contrat d’une valeur de 300 000 francs par an. C’est le reste de cette somme qui va refaire surface en 2011, répète le triple ballon d’or et l’ancien grand patron du football mondial : un salaire arriéré de deux millions de francs suisses. Rien de plus. Leurs deux histoires se correspondent, on sent même une sorte de nouvelle complicité entre de vieux amis devenus rivaux, qui se regardent dans la salle d’audience.
FIFA : “Michel Platini valait son million”, estime Sepp Blatter au deuxième jour de son procès pour escroquerie pic.twitter.com/AfwVbbTFHv
— franceinfo (@franceinfo) 9 juin 2022
Cependant, la date de paiement choisie, début 2011, provoque l’effondrement de la justice suisse. Car à ce moment Sepp Blatter est candidat à un 4e mandat. Et que Michel Platini, alors président de l’UEFA, a fait campagne pour lui. Pourquoi avez-vous attendu si longtemps pour encaisser ? “Le président Blatter devait tenir parole”, a déclaré Michel Platini, pour qui ce n’est qu’une question d’honneur et non d’argent.
L’ancien numéro 10 a été indigné par le traitement de la FIFA au cours des sept dernières années. “Je ne pensais pas qu’une maison dans laquelle j’ai joué pendant trois Coupes du monde me traiterait comme ça. J’espère qu’un jour, la justice sera rendue.” Lui et Sepp Blatter refusent catégoriquement de répondre aux questions de l’avocat de la FIFA.
La FIFA s’étonne : pourquoi la facture de deux millions de francs suisses n’apparaît dans aucun rapport financier de l’association en 2011 ? Bien qu’ils jurent que tout le monde le savait dans le cas du football. Réponse de Michel Platini : C’est un complot politique