Quand devient-on riche ? Ce rapport a tenté de fixer des seuils

dame à travers Getty Images

ARGENT – “En France, personne n’aime être appelé ‘riche'”, a déclaré Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, dans l’introduction du deuxième rapport sur les riches en France, publié mercredi 1er juin. Dans cette étude, l’association a tenté de répondre à la délicate question « qui sont les riches en France ? au-delà de “l’aveuglement de la droite, mais aussi de la gauche” qu’il juge “obsédée” par les 1% les plus riches.

Selon l’Observatoire des inégalités, 7,1% des Français sont riches, soit 4,5 millions de personnes. Pour atteindre ces chiffres, il fixe le seuil de richesse, après impôts, à deux fois le niveau de vie moyen. Ainsi, un célibataire vivant avec 3673 euros par mois ou un couple avec 5500 euros par mois est considéré comme riche.

La part des riches en France est passée de 8,6 % à 7,1 % entre 2010 et 2019. Or, selon Louis Maurin, les riches sont « nettement plus riches qu’il y a 20 ans ». Le niveau annuel moyen des 10 % les plus riches, entre 1999 et 2019, a augmenté de 9 100 euros, contre 3 300 euros pour les classes moyennes. L’Observatoire, qui compile les résultats d’une étude menée par l’Institut des politiques publiques (IPP), explique que “les mesures fiscales de 2017 ont été très avantageuses” pour les plus riches.

« Plus leurs revenus sont élevés, plus ils souscrivent de polices entre 2017 et 2022 [par Emmanuel Macron] ils les ont augmentés », explique notamment Anne Brunner, directrice d’études de l’Observatoire, évoquant notamment la transformation de l’impôt solidaire sur la fortune (ISF) en impôt foncier (IFI) ou encore l’instauration d’un taux fixe. taxe sur le capital fiscalité (taxe unique forfaitaire de 30%).

Plus vos revenus sont élevés, plus vous souscrivez de contrats entre 2017 et 2022 [par Emmanuel Macron] ils les ont augmentés.Anne Brunner, directrice d’études à l’Observatoire des inégalités

A partir de l’étude de l’IPP, l’organisme souligne que les plus précaires, au contraire, n’ont pas profité des cinq premières années d’Emmanuel Macron. “Les 5% les plus pauvres [800 euros de revenus en moyenne] ils n’ont pas bénéficié de ces mesures, même le niveau de vie a baissé pour certains”, observe-t-il. Pour cette partie de la population, certaines réformes sociales (revalorisation de la prime d’activité, du minimum vieillesse) n’ont pas compensé les réformes de l’allocation chômage, des allocations logement, ainsi que l’augmentation du coût de l’énergie et du tabac, détaille l’IPP.

La richesse moyenne est de 163 000 euros

L’association s’intéresse également à sa relation avec le patrimoine français. Selon cet indicateur, 4,6 millions de foyers français, soit 16 % des foyers, sont considérés comme riches, disposant de trois fois le patrimoine moyen retenu comme seuil (163 000 euros soit plus de 490 000 euros). 4% des ménages sont millionnaires, selon l’Observatoire.

Dans son rapport, l’Observatoire dresse également le portrait des Français aisés. Ils résident généralement à Paris ou dans le département des Hauts-de-Seine. Ils ont 57 ans en moyenne et sont surreprésentés dans l’encadrement supérieur. La grande majorité des riches possèdent également (82%).

Portrait composite des riches en revenu et en richesse. pic.twitter.com/K2NIW2urkf

– Observatoire des inégalités (@Obs_ineg) 1 juin 2022

Leur capacité à déléguer des tâches quotidiennes à des travailleurs à domicile et leurs habitudes de déplacement pour des raisons professionnelles et personnelles sont également des marqueurs sociaux. “Le chercheur Mathieu Chassignet a estimé que les 10% les plus favorisés parcourent en moyenne 7.900 km par an dans les airs, contre 1.300 km pour les plus pauvres, dont beaucoup ne prennent jamais réellement l’avion”, cite le rapport de Libération. .

“La richesse n’est pas que monétaire”

“La richesse n’est pas que monétaire : un bon diplôme et une situation d’emploi permanent sont deux éléments qui permettent aujourd’hui de se démarquer du reste de la population”, ont déclaré Anne Brunner et Louis Maurin. .

Avec ce rapport, Louis Maurin et Anne Brunner disent vouloir contribuer à “ouvrir les yeux” sur les disparités de revenus et éclairer un débat sur “la justice et le mérite”. “Les inégalités créent des tensions sociales car elles sont largement perçues comme injustes”, estime Anne Brunner, qui prône une “réforme globale de la fiscalité des revenus, des successions et du patrimoine”, pour “refonder la solidarité et la faire fonctionner”. il dit.

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