Rayonné d’Ile-Longue : l’Etat condamné pour « culpabilité inexcusable »

Un sous-marin nucléaire à la base de l’Ile-Longue à Brest en décembre 2016. FRED TANNEAU / AFP

L’Etat a été reconnu coupable, jeudi 2 juin, de “culpabilité inexcusable” dans l’affaire d’un ancien ouvrier de DCN – aujourd’hui Naval Group – tombé malade après avoir travaillé pendant plus de trente ans à proximité des têtes nucléaires des sous-marins de l’Ile-Longue . annonce l’association Henri Pézerat.

“Cette décision est cruciale pour la reconnaissance par la justice des graves préjudices subis par les travailleurs irradiés de l’Ile-Longue”, a déclaré l’association d’aide aux victimes dans un communiqué.

Le tribunal de Brest a condamné la direction du chantier naval, qui appartenait à 100 % à l’État au moment des faits. L’ancien ingénieur électronicien de la base de l’Ile-Longue avait développé une myélodysplasie, une forme de leucémie, après avoir été exposé au cours de son activité professionnelle, entre 1980 et 2011, à des radiations de têtes nucléaires.

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Augmentation au maximum de la rente versée

L’ancien travailleur « a été exposé sans protection individuelle ou collective adéquate pendant trente ans d’activité professionnelle à divers agents cancérigènes qui sont entrés en synergie les uns avec les autres, et notamment aux rayonnements neutroniques. La chose la plus dangereuse », explique l’association.

Le tribunal a ordonné une augmentation maximale de la pension versée à l’ancien travailleur, dont la maladie a été reconnue comme professionnelle il y a un an, selon l’association, qui ajoute que d’autres dossiers sont en cours de traitement pour la reconnaissance de maladie professionnelle.

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Ce n’est pas la première fois que la culpabilité inexcusable du ministère des Armées est reconnue par la justice dans des affaires similaires concernant d’anciens techniciens de bases nucléaires. La condamnation intervient à la veille de l’entrée en service à Brest du premier sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) français de nouvelle génération, le Suffren, en présence du nouveau ministre des Armées, Sébastien Lecornu.

Le monde avec l’AFP

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