Refoulement de migrants en Grèce : l’enquête accuse Frontex

Les garde-côtes turcs sauvent un groupe de migrants afghans qui, selon eux, ont été refoulés par les autorités grecques dans la mer Égée près de Dikili, en Turquie, le 2 juillet 2021. IVOR PRICKET/NYT/REDUX-REA

Le 15 février dernier, l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) rendait ses conclusions, après un an d’enquête, sur la gestion au sein de Frontex de l’épineux sujet des “pushbacks”. Depuis des années, les garde-côtes grecs sont accusés de procéder à ces refoulements de migrants, contraires à la convention de Genève, sous l’œil complice de l’agence la plus riche de l’Union européenne.

Le rapport, qui a en partie entraîné la chute de l’ancien directeur Fabrice Leggeri, est depuis au centre d’une bataille entre la Commission et les eurodéputés, qui tirent à toute allure pour le faire publier. A Bruxelles, le document, connu d’un nombre limité de fonctionnaires et d’élus, est jugé tellement toxique que personne ne voudrait le lire. La nouvelle directrice de Frontex, la Lettone Aija Kalnaja, a assuré qu’elle ne l’avait pas lu. Et le vice-président de la Commission, le Grec Margaritis Schinas, partisan historique de Fabrice Leggeri, a refusé de dire en séance s’il l’avait lu ou non.

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Ce rapport, qui a été vu par Le Monde et ses partenaires Lighthouse Reports, ainsi que l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, détaille en détail les péchés de la super agence des garde-côtes et des garde-frontières européens ainsi que l’excès de votre adresse précédente. Elle confirme également l’utilisation massive de la technique illégale du « pushback » par les autorités grecques pour dissuader les migrants d’entrer sur le sol européen. Ainsi que la connaissance détaillée que Frontex avait du phénomène.

“Ces expulsions doivent cesser”

Face à ces révélations, difficile de ne pas s’interroger sur la position de la Commission européenne. Ce dernier, qui a pris connaissance des conclusions de l’OLAF fin février, a récemment mis en garde la Grèce contre la fréquence des accusations de violations des droits de l’homme à son encontre. Sans remettre en cause, pour le moment, le déploiement de Frontex sur la péninsule. « Protéger la frontière extérieure de l’UE contre les entrées illégales est une obligation. Mais les expulsions violentes et illégales de migrants doivent cesser maintenant », a tonné Ylva Johansson, commissaire européenne aux Affaires intérieures, après un appel avec trois membres de l’exécutif grec, dont le ministre de la Police, le 30 juin. Cinq jours plus tard, devant les parlementaires européens, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a, pour sa part, balayé la plupart de ces accusations, les qualifiant de “propagande turque”.

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