Refus d’obtempérer à Paris : Les trois policiers ont été libérés sans procès

Le passager du véhicule qu’ils avaient inspecté est décédé des suites de blessures par balle dimanche. Après deux jours de garde à vue, les trois policiers qui ont tiré sur une voiture à Paris samedi, soupçonnés d’avoir été percutés lors d’un contrôle, ont été relâchés mardi. A ce stade, aucune charge n’est retenue contre eux, a précisé son avocat.

“L’enquête se poursuivra d’une autre manière et donnera tous les éléments de réponse pour que la vérité soit pleinement révélée”, a déclaré à l’AFP Laurent-Franck Liénard. “Ils n’ont rien à cacher et montreront leur respect des règles et la légitimité de leur action”, a-t-il ajouté.

Tous trois avaient été interpellés dimanche. “Cette mesure est prise en raison de la gravité des conséquences des tirs et afin de vérifier les conditions d’utilisation de leurs armes par les personnes concernées”, a indiqué le parquet à l’AFP. Lundi soir, son avocat, pour justifier la fusillade, a assuré à BFMTV que les agents « sentaient tous les trois le danger de la manœuvre de la voiture et l’urgence de réagir ».

Un contrôle au XVIIIe siècle

L’incident survient un mois et demi après qu’un policier a été inculpé d’« homicide volontaire » soupçonné d’avoir tué le conducteur et le passager d’une voiture avec une arme automatique dans la nuit du 24 au 25 avril qui aurait forcé le contrôle de la Pont Neuf à Paris.

Selon une source policière, les incidents ont commencé rue Ordener peu avant 11 heures samedi matin. Un équipage remarque quatre personnes dans une voiture. L’un des passagers ne porte pas de ceinture de sécurité, les jeunes hommes à vélo décident de contrôler les passagers. Mais le pilote redémarre et roule à grande vitesse.

Neuf coups auraient été tirés

A ce moment-là, le véhicule était coincé dans la circulation à Barbès et a été rattrapé par la police. Là, le conducteur aurait fait semblant de couper le contact avant de redémarrer brusquement et de renverser un officiel.

Trois de ces derniers sortent alors leurs armes de service et tirent. Neuf cartouches auraient été tirées. La voiture aurait ensuite remonté la rue Custine en sens inverse, avant de s’arrêter au 17, certainement bloqué par une camionnette blanche venant devant la rue Clignancourt.

Toujours selon une source policière et plusieurs témoins, le passager avant a été blessé à la tête et le conducteur au thorax. Il aurait tenté de fuir à pied avant d’être arrêté. Selon nos informations, le chauffeur était inscrit au fichier des personnes voulant exécuter une peine. Son permis de conduire avait également été révoqué. Le pronostic vital du conducteur de 38 ans n’était plus compromis dimanche soir.

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