Réouverture d’une centrale à charbon : une différence avec les nombreuses fermetures décidées ces dix dernières années

Par Julien Da Sois

Publié il y a 4 heures, mis à jour il y a 4 heures

La centrale de Blénod-lès-Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) a été significativement à l’arrêt en 2014. JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

FOCUS – Le gouvernement a annoncé dimanche son intention de relancer la centrale électrique de Saint-Avold en Moselle. Emmanuel Macron avait promis en 2017 de tous les fermer avant 2022.

L’annonce dimanche par le gouvernement de la reprise l’hiver prochain “par précaution” de la centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle), compte tenu de la guerre en Ukraine, n’est pas vraiment une surprise. Il s’oppose cependant à la volonté de fermeture de ces centrales thermiques, qui s’est accélérée depuis 2010. Sur les dix centrales à charbon en activité il y a dix ans en métropole, il n’en restait qu’une, à Cordemais en Loire-Atlantique, après la fermeture de Saint-Avold en mars dernier.

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La reprise de cette dernière “fait partie du plan de fermeture”, a indiqué le ministère de la Transition énergétique, qui a précisé que l’engagement du président de la République de fermer toutes les centrales à charbon de France reste “inchangé”. C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron en 2017. A l’époque, la France métropolitaine comptait encore quatre centrales à charbon, que celui qui n’était alors que candidat à l’Elysée disait vouloir fermer en 2022. Objectif non atteint. L’usine de Cordemais ne pourrait fermer qu’en 2026.

Grand émetteur de CO2

Même avec la réouverture de Saint-Avold, “on resterait, dans tous les cas, en dessous de 1% d’électricité produite avec du charbon”, précise le ministère de la Transition énergétique. En 2021, le charbon ne représentait que 0,7 % de la production d’électricité en France (3,8 TWh sur 522,9 TWh), selon les données du TEN. Une baisse constante depuis plusieurs décennies. La France a rapidement décidé d’abandonner le charbon pour le nucléaire. Aucune nouvelle centrale électrique au charbon n’a été construite depuis 1984.

Elles ont donc fermé les unes après les autres, un mouvement accéléré au début des années 2010 pour une plus grande prise en compte des enjeux climatiques. Parce que le charbon est un grand émetteur de CO2. Début 2020, le gouvernement affirmait que les centrales électriques au charbon représentaient 30 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur électrique, pour moins de 1,2 % de la consommation nationale d’électricité.

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Par rapport à ses voisins européens, la France dépend beaucoup moins du charbon pour sa production d’électricité. En 2021, elle était, en moyenne, la source de 15 % de l’électricité européenne, selon une étude récente du groupe de réflexion Ember. Une part qui monte même à 30% en Allemagne, et même 80% en Pologne. Et l’utilisation du charbon dans l’UE devrait encore augmenter dans les mois à venir, en raison de la réduction de l’approvisionnement en gaz russe.

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