Restrictions d’eau : pourquoi la plupart des stations de lavage restent ouvertes en période de sécheresse

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(Photo d’illustration d’un lave-auto)

SECHERESSE – Le lavage des voitures est désormais interdit dans de nombreuses communes en raison de la sécheresse, mais de nombreuses stations accueillent encore les amateurs de nettoyage de voitures.

Rouleaux, traitement déperlant, séchage : vendredi, les automobilistes se sont relayés dans une station Eni de Lyon. La préfecture a pourtant explicitement interdit le lavage des voitures depuis mercredi car la quasi-totalité du département est en alerte sécheresse.

“Si j’avais su (que c’était interdit), je ne l’aurais pas fait, mais sans le savoir, je ne pense pas avoir commis de crime”, a expliqué Robert, retraité. Les interdictions de lavage ont touché un nombre croissant de 10 000 stations françaises ces dernières années, et se sont multipliées durant cet été historiquement sec.

Seule exception : les stations qui réutilisent l’eau en circuit quasi fermé ont parfois le droit de rester ouvertes. Ils restent extrêmement rares : la plupart retraitent l’eau dans des réservoirs avant de la jeter à l’égout.

“Cacophonie” au niveau préfectoral

En fait, la plupart des stations restent ouvertes. A Pierre-Bénite, près de Lyon, une station a affiché que le lavage était réservé aux véhicules d’urgence, comme les ambulances. “Alors, je ne peux pas lui interdire de venir (…) Je ne suis pas policier”, assure le responsable de la station, Eric Marcoccia.

TotalEnergies, leader du secteur avec 1.000 stations, n’a pas été en mesure de préciser combien d’entre elles ont été fermées, tant la situation “évolue”. Mais une porte-parole a souligné qu’ils avaient tous été informés des arrêtés préfectoraux.

Il y a une “cacophonie” au niveau des préfectures, avec des mesures différentes selon les départements, explique Jean-Luc Cottet, exploitant de lave-autos en région parisienne et représentant de la filière à Mobilians, qui regroupe les professionnels de l’automobile.

A l’entrée d’Auxerre (Yonne), Jean-Claude, 50 ans, fait passer sa Renault Mégane entre les rouleaux d’une station Total. “De toute façon, on sait qu’on va droit dans le mur !” Et nous, les consommateurs, on nous demande de faire un effort.” Il est également difficile de savoir si la station dispose d’un système de recyclage.

Des stations moins polluantes que le lavage à domicile

A quelque 40 km plus au sud, dans le même département, l’hypermarché Auchan d’Avallon a fermé son car-wash alors que le Cousin, la petite rivière qui traverse la ville, est à son niveau le plus bas. Selon son directeur, le propriétaire de l’établissement envisage de mettre en place un système de recyclage de l’eau pour rester ouvert les étés à venir.

“Comme situation, c’est un peu ambigu et pas confortable pour les opérateurs. On demande aux gens de ne plus laver leurs véhicules”, déplore Jean-Luc Cottet, qui craint que les stations ne soient obligées de fermer plusieurs mois dans l’année.

Au total, 0,6 % de l’eau consommée en France est utilisée pour le lavage des voitures, dont un tiers dans les stations, avec une moyenne de six lavages par voiture et par an. Un lavage au jet haute pression consomme en moyenne 60 litres d’eau, soit une très longue douche. Un portique consomme 120 litres et un tunnel de lavage 160.

« S’ils sont empêchés de se rendre dans les gares, les accros à la voiture les laveront chez eux. Et ça pollue et consomme de l’eau”, argumente Jean-Luc Cottet.

Des stations de lavage plus écologiques que les pressings

Il est interdit de laver la voiture à grande eau sur la voie publique, sous peine d’une amende de 450 euros. Dans votre cour ou votre jardin, c’est limité, avec obligation de récupérer l’eau sale.

Depuis le début de l’été, un total de 5.650 contrôles ont été effectués pour faire respecter les mesures liées à la sécheresse, tous secteurs confondus, avec 163 amendes et vingt poursuites pénales, selon le ministère de la Transition écologique. Et tous les services de police, municipaux et de gendarmerie sont habilités à réprimer.

Pourtant, Jean-Luc Cottet insiste sur le rôle “écologique” des stations de lavage, qui collectent chaque année 48.000 tonnes de boues, chargées de déchets toxiques. Selon lui, la profession s’adapte, notamment face à la concurrence des pressings : ces derniers, bien plus chers, utilisent des produits chimiques dans des dizaines de lingettes qu’il faut ensuite laver… à l’eau.

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