Retraites : les militants CFDT face à Laurent Berger, leur numéro un

Laurent Berger à l’ouverture du 50e Congrès CFDT à Lyon, le 13 juin 2022. JEFF PACHOUD / AFP

Des militants CFDT viennent d’adresser un avertissement fort à leur numéro un, Laurent Berger, et sa garde rapprochée, sur la question des retraites. Réunis en congrès à Lyon depuis lundi 13 juin, les syndicats de la centrale cédista sont parvenus, jeudi, contre l’avis de leurs instances confédérées, à réécrire la feuille de route de leur organisation, car ils la jugeaient ambiguë : ses yeux, ce texte. -appelée en interne “résolution générale” – pouvait laisser entendre qu’ils étaient disposés à accepter une prolongation de la durée de cotisation pour percevoir une retraite à taux plein. Ils ont voulu fermer la porte à cette hypothèse en défendant un amendement qui a été approuvé par un peu plus de 67% des suffrages. Une majorité très nette, qui montre que de nombreux partenaires attendent une position très forte de leurs dirigeants face au projet d’Emmanuel Macron de “faire travailler plus longtemps” la population.

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Le débat s’est porté sur quelques mots de la résolution générale qui réaffirment que la CFDT accepte une augmentation de la durée de cotisation pour répondre à l’allongement de l’espérance de vie. De la part des cedistas, c’est une position constante depuis au moins dix ans. Il avait également conduit la Confédération à donner son abécédaire à la « loi Tourine » de janvier 2014, qui porte progressivement à 172 trimestres la durée d’affiliation requise pour bénéficier d’une retraite à taux plein.

Mais la formulation retenue dans la résolution a été jugée ambiguë, notamment par le syndicat Interco-CFDT de la Somme. “Cela pourrait alimenter une réforme injuste, surtout en ce moment”, a déclaré jeudi après-midi son secrétaire général, Arnaud Espel, et son discours a été applaudi par l’assistance. « Cela dépend de nous et, surtout, est-ce le bon moment pour revenir aux paramètres ? se demanda-t-il. D’autres membres de la centrale avaient exprimé les mêmes appréhensions à la veille de l’ouverture du congrès.

“En phase avec l’opinion publique”

Frédéric Sève, le secrétaire national en charge du dossier, a tenté de dissiper ces craintes, rappelant que la condamnation incriminée ne faisait que “répéter” une doctrine forgée de longue date. “Ça reste pertinent, ça nous identifie, c’est cohérent avec nos valeurs, c’est aussi en phase avec l’opinion publique”, a-t-il reconnu. Il n’est pas nécessaire de changer cela pour contrer les projets gouvernementaux, au contraire. »

La veille, M. Berger avait écrit le « et » encore plus clairement. “Nous n’avons pas l’intention de valider une prolongation de la durée de cotisation au-delà de ce qui est prévu dans la loi tourangelle, qui entrera en vigueur en 2034”, avait précisé le secrétaire général de la confédération. Et de se jeter dans la salle : « Mes amis, pas d’avertissement inutile, pas de mauvais débats entre nous, pas de peur infondée. »

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