Scandale du chlordécone : la justice reconnaît la “négligence volontaire” de l’Etat

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Fort-de-France, en Martinique, le 27 février 2021 contre la menace de prescription dans l’affaire judiciaire du chlordécone. LIONEL CHAMOISEAU / AFP

Le tribunal administratif de Paris a condamné l’état de “faute volontaire” dans l’affaire du chlordécone, utilisé comme antiparasitaire aux Antilles, mais a rejeté les demandes d’indemnisation des plaignants pour préjudice d’anxiété, dans une décision obtenue lundi 27 juin par la Agence française. -Presse.

“Les services de l’Etat ont commis une négligence coupable, en autorisant la vente d’une même spécialité antiparasitaire qui contient 5% de chlordécone”, sous des noms différents, “en autorisant la poursuite des ventes au-delà des délais légalement prescrits en cas de retrait d’homologation” , selon cette décision prise vendredi.

Le chlordécone, pesticide interdit en France en 1990 mais toujours autorisé dans les bananeraies de la Martinique et de la Guadeloupe par arrêté ministériel jusqu’en 1993, a provoqué une contamination importante et durable des deux îles. Plus de 90% de la population adulte de Guadeloupe et de Martinique est contaminée au chlordécone, selon Santé publique France, et les populations antillaises ont l’un des taux d’incidence du cancer de la prostate les plus élevés au monde.

Toutefois, le tribunal administratif a jugé qu’« à l’exception de leur présence en Martinique ou en Guadeloupe, depuis au moins douze mois depuis 1973, les demandeurs ne mentionnent aucun élément personnel et circonstancié pour justifier le préjudice d’anxiété dans lequel ils se trouvent ». les demandes d’indemnisation présentées par les requérants doivent être rejetées », indique le jugement.

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Une “percée décisive”

En outre, selon le contentieux administratif, “les plaignants n’ont aucun fondement pour soutenir que l’Etat a tardé à mettre en place des mesures de protection de la population ou que les informations diffusées étaient contradictoires”, ajoute le contentieux administratif.

“Pour le moment, ce que dit ce tribunal ne nous convient pas, puisqu’il parle de la nécessité de prouver que chacun a subi un préjudice moral, il ne peut pas le supporter. (…) La Martinique et la Guadeloupe n’accepteront pas l’impunité dans cette affaire”, a déclaré Philippe Pierre-Carles, porte-parole de l’association Martiniquaise Lyannaj pou dépolyé Matinik, association de parties civiles en action collective.

Pour Me Christophe Lèguevaques, qui représente les 1.240 aspirants, cette décision est pourtant une “avancée décisive”. “Cela peut être utilisé dans l’affaire pénale du chlordécone. Alors que, jusqu’à présent, nous avions devant nous des fabricants ou des distributeurs de ce produit qui disaient : ‘Je n’ai distribué qu’un seul produit autorisé, donc vous ne pouvez rien contre moi. “, nous avons ici un tribunal qui nous dit que les autorisations des années 70 étaient illégales et donc susceptibles d’engager la responsabilité de l’Etat, mais ils peuvent aussi mettre en cause la responsabilité des distributeurs”, explique l’avocat, qui demande recours. faire reconnaître le préjudice de détresse, comme ce qu’ont obtenu les victimes de l’amiante.

“Il y a un crime qui est constitué”

Une autre procédure est actuellement en cours concernant l’utilisation du chlordécone aux Antilles, après qu’il y a seize ans une plainte ait été déposée pour empoisonnement. Pourtant, les deux juges d’instruction du pôle santé publique du tribunal de Paris ont annoncé, le 25 mars, aux collectivités et associations dénoncer leur intention de déposer ce dossier sans émettre de mise en examen, l’orientant ainsi vers une éventuelle non-origine.

“Cette décision ne peut que renforcer notre position dans le dossier pénal”, a déclaré Louis Boutrin, avocat de l’association martiniquaise “Pour une écologie urbaine”, partie civile dans l’affaire des allégations d’empoisonnement au chlordécone.

“Nous avons tout le champ des ressources ouvert et cette décision va nous permettre de renforcer nos actions. Il y a un crime qui a été constitué. Allons plus loin : il y a un crime qui est constitué. »

En outre, la Cour de justice de la République (TJR) a déclaré irrecevables fin janvier les plaintes déposées par le Collège des médecins pour la protection de l’environnement et de la santé (Amses) et l’Association Guadalupe d’action contre Clordecona (Agac) . , affilié au syndicat UGTG, contre d’anciens ministres dans l’affaire de l’utilisation du chlordécone aux Antilles.

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Le monde avec l’AFP

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