Séisme en Afghanistan : les survivants attendent de l’aide dans des conditions difficiles

Publié le : 24/06/2022 – 10:11 Modifié le : 24/06/2022 – 10:29

Les survivants du tremblement de terre le plus meurtrier depuis plus de deux décennies en Afghanistan ont continué d’attendre vendredi leurs villages dévastés, sans abri, ni nourriture ni eau, pour que l’aide d’urgence leur parvienne, les fortes pluies aggravant encore la situation.

Le séisme de magnitude 5,9 qui a frappé mercredi 22 juin une région pauvre et isolée du sud-est de l’Afghanistan, à la frontière avec le Pakistan, a fait plus de 1 000 morts, 3 000 blessés et des milliers de sans-abri.

Les maisons fragiles aux murs de briques crues n’ont pas résisté aux tremblements de terre et les survivants ont été retrouvés complètement dévastés. Ils ont besoin d’abris, pour se protéger de la pluie et du froid, inhabituels en cette saison, mais aussi de nourriture, d’eau et de produits de premiers secours.

“Il n’y a pas de couvertures, pas de tentes, pas d’abris […]. Nous avons besoin de nourriture et d’eau. Tout notre système de distribution d’eau est détruit. Tout est dévasté, les maisons sont détruites. Les gens ne peuvent sortir que des morts [des décombres] et les enterrer”, a déclaré à l’AFP Zaitullah, un habitant du district de Bermal, dans la province la plus durement touchée de Paktika.

Les opérations de secours sont compliquées par l’enclavement de cette région et le climat. Les pluies ont provoqué des glissements de terrain qui ralentissent l’acheminement de l’aide et ont endommagé les lignes téléphoniques et électriques.

Ce tremblement de terre représente un défi majeur pour les talibans, qui ont pris le pouvoir mi-août 2021 après vingt ans d’insurrection et se sont aliénés la communauté internationale avec leur conception ultra-rigide de l’islam. L’aide internationale, qui pendant deux décennies avait porté le pays à distance, a été interrompue après son accession au pouvoir, et depuis elle ne revient qu’au goutte à goutte. Et depuis, le pays est plongé dans une profonde crise financière et humanitaire.

L’ONU “pleinement mobilisée”

Le gouvernement taliban a déclaré qu’il faisait tout son possible pour aider les victimes et a appelé à l’aide de la communauté internationale. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré que l’ONU était “pleinement mobilisée” pour aider l’Afghanistan.

Selon ses services, le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) a distribué des tentes, des couvertures et des bâches en plastique. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a livré de la nourriture à quelque 14 000 personnes à Paktika ; et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fourni 10 tonnes de matériel médical suffisant pour 5 400 interventions chirurgicales.

L’Union européenne a estimé que 270 000 personnes vivant dans les zones touchées par le séisme auraient besoin d’assistance et a accordé une première aide d’urgence de 1 million d’euros. Le Pakistan, l’Iran et le Qatar ont également envoyé de l’aide en cas de catastrophe. Et les États-Unis, qui se sont retirés d’Afghanistan fin août après vingt ans de guerre, ont déclaré qu’ils travaillaient avec leurs partenaires humanitaires pour envoyer du matériel médical.

Certains pays rechignent à fournir directement de l’aide aux talibans de peur d’être détournés. “La distribution de l’aide sera transparente”, a déclaré à l’AFP le porte-parole adjoint du gouvernement, Bilal Karimi. “Plusieurs pays nous ont soutenus et ont été à nos côtés.”

L’urgence est grande pour les plus vulnérables : les personnes âgées et les enfants. L’ONG Save the Children a estimé jeudi que plus de 118 000 enfants ont été touchés par la catastrophe. “De nombreux enfants n’ont probablement pas accès à de l’eau potable, à de la nourriture et à un endroit sûr pour dormir maintenant”, a-t-il déclaré.

L’Afghanistan est fréquemment touché par des tremblements de terre, en particulier dans la chaîne de l’Hindu Kush, qui se situe à la jonction des plaques tectoniques eurasienne et indienne.

Le tremblement de terre le plus meurtrier de son histoire récente (5 000 morts) a eu lieu en mai 1998 dans les provinces du nord-est du Takhar et du Badakhshan.

Avec l’AFP

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