Selon l’avocat de Salah Abdeslam : sa peine “ne semble pas correspondre à la justice”

“Nous ne pouvons pas nous contenter d’une décision qui met sur un pied d’égalité le commanditaire des attentats du 13 novembre et Salah Abdeslam qui n’est évidemment pas le commanditaire”, a insisté Me Vettes.

Par AFP Publié le 30/06/2022 à 10:43 Temps de lecture : 3 min

La condamnation à perpétuité de Salah Abdeslam, seul membre survivant du commando des attentats du 13 novembre, “semble être en désaccord avec la justice”, a déclaré jeudi Martin Vettes, un juge, à propos de ses avocats. “Là où cette décision ne me semble pas en accord avec la justice, c’est que Salah Abdeslam écope de la même peine qu’Oussama Atar, qui a été condamné exactement dans les mêmes conditions”, a déploré Me Vettes sur la radio publique France Inter.

Oussama Atar, qui aurait été tué en zone irako-syrienne, est le commanditaire présumé des attentats qui ont frappé Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015 et fait 130 morts. Jugé par défaut comme six autres prévenus, il a été condamné à la réclusion à perpétuité comme Salah Abdeslam, une peine rarissime, la plus sévère du droit pénal français. “Nous ne pouvons pas nous contenter d’une décision qui met sur un pied d’égalité le commanditaire des attentats du 13 novembre et Salah Abdeslam qui n’est évidemment pas le commanditaire”, a insisté Me Vettes.

Interrogé sur un éventuel recours, l’avocat a indiqué qu’il n’y a pas lieu de “réagir avec chaleur”. “Nous prendrons le temps d’en discuter” avec Salah Abdeslam, a-t-il dit.

« Quel espoir la justice accepte-t-elle pour lui permettre de continuer ? »

Les avocats de la défense, comme le procureur, ont dix jours pour faire appel de la décision du tribunal d’assistance spéciale. “Nous avons dix jours. Nous allons tout faire exploser”, a déclaré Martin Vettes. “En définitive, c’est une décision qui revient” à Salah Abdeslam, a-t-il dit. “Nous trouvons beaucoup d’élasticité dans le droit pénal que le parquet nous a vendu”, a déclaré Olivia Ronen, une autre avocate de Salah Abdeslam.

Juridiquement, je trouve ça extrêmement compliqué, on propose de condamner une personne dont on sait qu’elle n’était pas au Bataclan comme si elle y était et donc il y a des doutes qui surgissent. Vous ne pouvez pas cacher une déception de voir qu’il y avait quelque chose, je pense, d’un peu étrange dans les forces de l’ordre”, a-t-il déclaré.


« Le crime est odieux, (Salah Abdeslam) est pleinement responsable (…) Il a dû être sévèrement puni, mais quel que soit le crime, quel espoir la justice accepte-t-elle pour qu’il continue ? « Claire Josserand-Schmidt, une avocate civile de 37 parties, m’a demandé.

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