En mars 2011, la société Speci (vous, dans l’exemple ci-dessus) a reçu 175 450 euros, puis 656 425 euros pour la société Immoval (votre père dans l’exemple du calculateur). Ce sont des “retours”. Speci, qui appartient en partie à Pierre Grivegnée, récupère l’argent qu’il dit avoir dépensé les années précédant le projet Cristal Park. Immoval, dont le directeur général s’appelle aussi Pierre Grivegnée, paie chaque centime… avec en partie des fonds publics. En bref : vous avez décidé, à la place de votre père, de vous rembourser votre calculatrice avec leur argent et au prix que vous avez fixé.
Les 175 450 euros sont censés correspondre aux honoraires de l’architecte. Mais l’architecte Dumont n’a jamais émis les deux factures que Speci se fait rembourser ici. Vos numéros de commande sont incorrects. Et pas seulement vos numéros de commande, mais aussi, au moins pour le premier des deux, nous avons, votre numéro de compte bancaire. L’erreur de numéro de compte bancaire se trouve sur les six factures BUAAA et K+D dans notre dossier. Difficile d’imaginer qu’un architecte puisse envoyer ses factures les unes après les autres avec cette erreur. Jean-Marie Dumont nous confirme qu’il travaillait bien sur le projet à l’époque, mais Pierre Grivegnée, soupire, lui a demandé “de ne pas facturer tout de suite, les fonds manquaient, ce n’était jamais le bon moment”. Immoval doit encore environ 100 000 euros à l’architecte. Il y a eu beaucoup de discussions sur l’argent public à ce sujet, en voici un privé qui est trompé.
Le deuxième versement à Speci, celui de 656 425 euros, a été débloqué le 16 mars 2011 pour « services [d’] architectes, bureaux d’études, conseils de la Cristallerie de tourisme, études de marché, maîtrise d’ouvrage… « Ces points de suspension ont provoqué l’expert fiscal que nous avons consulté : une facture « ne peut pas être floue », s’étonne-t-il. « Doit être vérifiable. Nous avons contacté les administrateurs du chef d’entre eux se souvient si Pierre Grivegnée est venu montrer des pièces justificatives, vraies ou fausses.
“Je ne fais normalement pas d’enquête s’il y a une facture en bonne et due forme”, justifie par téléphone l’auditeur qui a supervisé Immoval en 2010. Difficile s’il s’agit d’un fournisseur connu et identifié, c’est le cas de l’architecte Jean -Marie Dumont, qui a vraiment longtemps travaillé au Cristal Park. Il est arrivé à Seraing et tout le monde l’a vu là-bas. Il est donc normal de payer les factures. ” Le vrai avec le faux ” : le premier chapitre du manuel du parfait faussaire pourrait porter ce titre… S’il existait.
Une cinquantaine de documents douteux : pourquoi sont-ils ainsi ? Débat technique
Le dossier Speci\Compta\Facturations consulté par la RTBF et Le Vif servirait-il de documentation si ce manuel devait être écrit ? Il contient 52 fichiers dont l’auteur est “p.grivegnee”. Il y a surtout des factures. Il y a une entreprise qui ne semble pas exister (d’après le registre des entreprises françaises infogreffe.fr) : Bouraly Consulting, à Cannes, soit cinq factures avec un numéro d’entreprise à structure problématique et le numéro IBAN de la qui renvoie à une adresse de Moulins. dans l’Allier, à 630 kilomètres de Cannes. Dans une lettre de 2008, Pierre Grivegnée désigne Isabelle Bouraly comme son « assistante ». Aucune des personnes proches du dossier Cristal Park à qui nous avons posé la question ne se souvient d’avoir entendu parler d’elle, et ce n’est pas non plus Mme Bouraly qui répond au téléphone mentionné dans cette facture.