Trois mois après son entrée à Matignon, Elisabeth Borne prépare son premier retour à la tête du gouvernement, avec un dîner à l’Elysée avec Emmanuel Macron. Certains lui ont prédit une mission impossible, mais après son baptême du feu avant l’été, la plupart considèrent que le nouveau Premier ministre s’est posé. L’approbation de la loi sur le pouvoir d’achat et du budget rectificatif a fini par faire taire les plus critiques, comme François Bayrou, qui l’a trouvé trop “techno” et pas “politique”. “Elle a très bien compris comment fonctionnait l’Assemblée”, salue un cadre de la majorité. “Il nous a rassurés avec sa déclaration de politique générale”, a applaudi un autre.
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Elisabeth Borne a travaillé à la promotion des parlementaires avant l’été : elle a reçu des petits groupes de 10 à 15 députés de la majorité à Matignon autour d’un café, et se poursuivra à la rentrée. “Il nous a présenté sa méthode et nous a écoutés”, décrit l’un d’eux. Le Président du Gouvernement doit aller à la rencontre des élus locaux, lors des congrès des associations d’élus qui se tiennent à la rentrée. Enfin, la cote de popularité d’Elisabeth Borne gagne trois points et dépasse celle d’Emmanuel Macron, atteignant 41% d’opinions favorables selon un sondage Ifop publié dans le Journal du Dimanche. C’est donc une rentrée presque en état de grâce, pour un chef de gouvernement qui interprète les excellents élèves et qui semble avoir été accepté par la majorité.
Mais si la loi sur le pouvoir d’achat votée cet été n’était qu’un “amuse-bouche” selon un passant, la suite s’annonce un peu plus difficile pour Elisabeth Borne. « La vérité, c’est que nous ne sommes prêts à rien », dit un conseiller ministériel. Le président de la République et son Premier ministre ont du pain sur la planche et vont devoir trouver le moyen de décliner la “mobilisation générale” décrétée par le chef de l’Etat le 14 juillet.
Lors du dîner du couple exécutif de mardi, plusieurs questions urgentes seront discutées, avec l’écologie en tête de liste. La Première ministre devra financer la planification écologique dont elle a la charge, avec cet “agenda de planification écologique”, une ordonnance d’Emmanuel Macron qui doit être bouclée à l’automne. Des ministres sont invités à travailler sur des plans de sobriété énergétique, d’autres veulent présenter leurs propres mesures. Par ailleurs, la facture des énergies renouvelables, avec notamment le sujet risqué de l’éolien, sur terre et sur mer, doit parvenir à la chambre à la rentrée.
Elisabeth Borne devra aussi composer avec la très glissante réforme de l’assurance-chômage, l’un des premiers textes présentés en Conseil des ministres, et l’un des premiers examinés au Parlement.
“Il faut trouver un consensus majoritaire, convaincre les partenaires sociaux après avoir cherché d’autres députés, sans doute de droite.”
Une majorité élue
chez franceinfo
Le risque serait de “réactiver la division gauche-droite”, prévient un autre. Sans oublier le texte fondamental sur le budget, qui occupera une bonne partie de l’automne. Et toujours la même question brûlante : quelle majorité se réunira pour voter sur ces textes ?
Le Premier ministre devra donc renouer avec la méthode adoptée avant l’été : discuter, trouver des compromis, parfois reculer un peu. Mais attention, prévient un conseiller ministériel, les gros dossiers de la rentrée seront l’authentique test de l’approbation du Président du Gouvernement : « si ça se passe mal à l’Assemblée, prévient-il, ce sera forcément sa faute”.