Les magasins feront-ils face à des coupures cet hiver en cas de panne de courant ? Pour éviter ce scénario, et contribuer à l’effort mondial de réduction de la dépendance au gaz russe, une quarantaine de fédérations de négociants et de distributeurs, regroupées au sein du Conseil français du commerce (CDCF) et de la Confédération des négociants français, ont conclu un accord série de mesures visant à réduire la consommation d’énergie le mardi 26 juillet.
Il s’agit d’un large éventail de marques, des indépendants aux franchisés, en passant par les grandes marques (Zara, C&A, Maisons du monde, Kingtoy, etc.). Parmi les annonces, l’extinction des enseignes lumineuses dès la fermeture des commerces, la réduction systématique de l’éclairage avant l’arrivée du public et, ponctuellement, dans la surface de vente, ainsi que l’abaissement de la température ambiante.
Le protocole incite également à fermer les portes extérieures lorsque le chauffage ou la climatisation sont allumés – un geste déjà encouragé par le gouvernement – ou à couper le renouvellement d’air la nuit. “Notre volonté est de diffuser les bonnes pratiques dans l’ensemble du commerce, du plus petit magasin au plus grand”, précise Yves Audo, président du CDCF.
Effet immédiat
Ces économies pourraient entrer en vigueur immédiatement, bien que les fédérations souhaitent évaluer les limites de chaque surface. “L’objectif est de réduire en priorité les dépenses d’électricité entre 8h et 12h, ainsi que 18h et 20h, lors des pointes de consommation. »
La semaine dernière, des enseignes de distribution alimentaire, comme Carrefour, Lidl ou Système U, avaient déjà annoncé par la voix de la fédération Perifem leur volonté de réduire leurs dépenses. Lundi 25 juillet, plusieurs magasins spécialisés (Ikea, Leroy-Merlin, Decathlon, etc.) ont déclaré leur emboîter le pas. Côté supermarchés, E. Leclerc n’a pas hésité à multiplier les mesures de sobriété par l’intermédiaire de son représentant Michel-Edouard Leclerc, qui a déclaré à franceinfo, le 25 juillet, la possibilité de “fermer les commerces à certaines heures”, pour éviter les pénuries.
Les enseignes pointent une baisse de 10% de leur consommation en deux ans par rapport à 2019, répondant au souhait exprimé par le gouvernement. “L’enjeu est triple : celui de l’indépendance énergétique, de l’écologie, mais aussi de l’économie. Certaines enseignes voient leurs factures multipliées par 2,5”, rappelle Jacques Creyssel, directeur général de la Fédération du commerce et de la distribution. L’objectif est également de long terme, la loi ELAN prévoyant une réduction de 40 % de la consommation d’énergie dans les magasins d’ici 2030.
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