Soirée Raillé à Laillé. “On n’a rien contre, mais ça ne peut pas aller plus loin”

“Bonjour ! Il n’a pas encore touché midi, lundi 30 mai 2022, sous le soleil qui inonde Laillé, à une trentaine de kilomètres de Rennes.

À moins de cinq kilomètres de la ville, les invités du week-end se rendent joyeusement à la carrière où ils se sont régalés pendant deux jours. Dans le géant solaire, propriété d’un groupe de BTP, 800 personnes ont pris part à la troisième fête du radis organisée dans la commune en un mois. Au 1er mai, la même place avait été investie.

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En fin de matinée, lundi, une cinquantaine de véhicules partent. Moteur de sa camionnette en marche, une jeune femme ramasse un à un les déchets laissés au sol. « Nous sommes venus pour nous amuser, mais nous respectons les lieux et la nature. Les sacs poubelles entassés ça et là le prouvent.

“Les boums secouent la maison”

“Je les jetterai partout où je pourrai, quand je trouverai des poubelles”, dit la “teufeuse”, qui est rejointe par plusieurs autres. Désireux de laisser le moins de sentiers possible, les fêtards traversent tranquillement le hameau de La Roche, à proximité de la carrière. Sous l’œil attentif des voisins, qui s’apprêtent à se mettre à table.

Ils ont aussi de petits yeux. “J’ai dormi deux ou trois heures”, raconte l’un d’eux dans son jardin. Pour la musique techno, et « leur boum boum qui secoue la maison », les Lailléen n’ont pas passé un week-end très reposant. Fatigué, mais pas ulcéré.

“On n’a rien contre eux. Il faut avouer qu’ils sont respectueux, insiste-t-il malgré leur agacement. Et puis il n’y a pas eu de débordement inacceptable. C’est juste du bruit. Pas d’animosité envers les fêtards.”

“Je comprends ta motivation, mais c’est dangereux”

“J’étais jeune aussi. J’ai fait des festivals, je comprends parfaitement sa motivation”, confie le père de famille, dont les enfants n’arrivent pas à dormir à cause des décibels.

Mais sa sympathie a des limites. Celles de la sécurité, qu’il estime avoir été franchies au cours du week-end. “Le lieu n’est pas fait pour accueillir un festival. La route est très étroite, en impasse, les passages incessants du hameau sont dangereux. “Bloquée par un cortège de véhicules dans la nuit de vendredi à samedi, “la route n’aurait pas pu être empruntée par un camion de pompiers, s’il le fallait”, raconte un de ses voisins.

Un groupe pour “se faire entendre”

Les pompiers ont dû intervenir dimanche matin en raison de l’incendie d’un petit hangar bordant le village, dans lequel un jeune homme s’était endormi. “Cela aurait pu être bien pire”, a-t-il déclaré. “Nous avons alors simplement remarqué qu’il y aurait une tragédie. Pour les participants, ou pour nous, résidents. »

Plus que les festeros, les habitants du hameau rappellent la responsabilité de la Préfecture (1). “Il n’a pas autorisé, il n’a pas interdit et il n’a pas assuré”, estiment-ils. Et, malgré leur tolérance, les raveurs préviennent : “Si un troisième radis s’organisait dans la carrière, on le prendrait comme une provocation.”

(1) Interrogée, la préfecture précise que “le rassemblement n’avait pas été déclaré à la préfecture”.

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