Le début de ce deuxième quinquennat est décidément très difficile pour l’exécutif. Sans le moindre état de grâce dans l’opinion publique. Emmanuel Macron continue de perdre du terrain sur le baromètre Elabe pour “Les Echos” et Radio Classique. L’évaluation du président réélu a chuté de 2 points en un mois, seuls 32% des Français déclarant “lui faire confiance pour traiter efficacement les principaux problèmes du pays”. 59 % ne sont pas d’accord. Il recule de 6 points en deux mois, malgré une victoire plus large que prévu en avril, avec plus de 58% des suffrages exprimés contre Marine Le Pen.
“L’ombre d’un doute”
“L’élection présidentielle n’a pas redémarré. Le deuxième quinquennat commence avec l’impopularité du premier et l’absence de nouvel élan”, a déclaré Bernard Sananès, président de l’Institut Elabe. “Comme si l’ombre d’un doute planait sur ce second quinquennat”, a-t-il déclaré. Sondeur et politologue, n’excluant pas que cela affecte les élections législatives des 12 et 19 juin.
Plus que les allégations de viol contre Damien Abad et l’échec de l’organisation de la finale de la Ligue des champions au Stade de France, le locataire de l’Elysée est accablé par l’essoufflement de cette rentrée. Quasiment rien ne s’est passé depuis sa réélection. Une hésitation qui suscite une forte incompréhension dans l’opinion publique. Les mesures sur le pouvoir d’achat, première émergence des Français dans un contexte d’inflation et de hausse des taux d’intérêt, ont surtout reculé au-delà des élections législatives.
Les ex sont populaires
Hormis l’arrivée dans l’Education d’un Pape Ndiaye peu connu du grand public, le gouvernement s’aligne trop sur le précédent pour donner une impulsion. La valorisation d’Emmanuel Macron n’a même pas été rehaussée par l’élection de son premier ministre, mais elle est historique : ce n’est que la deuxième fois dans l’histoire de la Ve République qu’une femme est nommée à Matignon, trente ans après Edith Cresson. Elisabeth Borne débute son action à un niveau bas, avec seulement 27% des Français lui “faisant confiance”. Il est moins que le président. C’est aussi 9 points de moins que ses deux prédécesseurs lorsqu’ils ont rejoint Matignon, l’un en mai 2017 et l’autre en août 2020.
“Elle n’a pas l’effet de nouveauté qu’elle a joué avec Edouard Philippe puis avec Jean Castex. Comme elle n’a pas encore pris ses fonctions, elle apparaît avant tout comme une ancienne ministre”, décrypte Bernard Sananès. Pire, il y a un peu de remords dans l’opinion… A peine sorti de Matignon, Jean Castex pousse à la deuxième place du classement des personnalités politiques, avec 36% de bonnes opinions et 74% chez les électeurs du chef de l’Etat. Seul Edouard Philippe le dépasse, avec 47% et 86%. La première ministre doit également recevoir le soutien du maire du Havre lors d’un déplacement conjoint samedi à Vire, dans le Calvados, où elle brigue les législatives.
Sondage réalisé du 30 mai au 1er juin auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 personnes, selon la méthode des quotas.
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31% des Français “ne font pas du tout confiance à Emmanuel Macron” et seulement 7% font “tout à fait confiance”.