Stéphane Séjourné, président du groupe Renewing Europe au Parlement européen, Strasbourg, le 19 janvier 2022. BERTRAND GUAY / AFP
A la veille d’un Conseil européen les jeudi 23 et vendredi 24 juin à Bruxelles, Stéphane Séjourné, président du groupe libéral Renew au Parlement européen, est programmé pour les mois à venir. Après une élection législative qui a changé le visage de l’Assemblée nationale et laissé le président français sans majorité absolue, ce premier macroniste en évalue les conséquences sur la place de la France sur la scène européenne.
Après les élections législatives qui ont consacré la montée des partis eurosceptiques, est-ce le cas pour LFI, même europhobes, comme le RN, la position de la France sur la scène européenne est-elle fragilisée ?
Depuis cinq ans, la France a pris une forme de leadership en Europe. Aujourd’hui le président de la République est toujours un maître de la politique européenne, je pense que cette nouvelle configuration ne l’arrêtera pas. De plus, l’Europe est déjà peuplée de gouvernements qui n’ont pas la majorité absolue, voire sont minoritaires. C’est le cas en Espagne, au Danemark ou en Suède.
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Sur le papier, nous avons une majorité européenne à l’Assemblée nationale. Il y a des socialistes, des écologistes qui ont une ligne très européenne au Parlement européen, qui devrait se refléter au niveau national. Ensuite, nous verrons si la ligne idéologique du mariage prévaut, et donc une forme de souveraineté. Mais j’ai le sentiment que la désobéissance européenne n’était pas la bonne campagne. Nous aurons sûrement l’occasion dans les prochaines semaines de tenter cette majorité européenne à l’hémicycle français. On peut avoir une bonne surprise.
Le leadership d’un pays en Europe se mesure aussi à sa capacité à mener des réformes structurelles, comme les retraites, qui est l’une des revendications de la Commission et très attendue par nos partenaires européens. Emmanuel Macron peut-il encore être réformé ?
Dans la situation économique actuelle, très limitée, notre capacité de réforme en France dépendra des consultations que mène aujourd’hui le Président. [avec les présidents de parti] et notre capacité à choisir des dossiers importants sur lesquels nous pouvons trouver des engagements à l’Assemblée nationale.
Il faut tenir compte, au niveau national, des sensibilités politiques qui ont été désignées par les Français. La voix de la France sera à la fois la voix de son président et la voix de ceux qui peuvent permettre d’obtenir une majorité à l’Assemblée nationale. Il faudra beaucoup de capital politique et d’énergie pour continuer à réformer le pays.
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