Un nouvel avertissement de Pékin promet de ne laisser “aucune marge de manœuvre” aux partisans de l’indépendance de l’île.
La Chine s’est engagée mercredi 10 août à ne laisser “aucune marge de manœuvre” aux partisans de l’indépendance de Taïwan, soulignant que “le recours à la force” pour reprendre l’île restait sur la table en dernier recours.”
Ce nouvel avertissement intervient après de vastes exercices militaires chinois ces derniers jours sur l’île, en réponse à une visite à Taipei de la numéro trois américaine Nancy Pelosi.
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Le séjour du président de la Chambre des représentants a été vécu par Pékin comme une provocation, les États-Unis s’étant engagés à n’avoir aucune relation officielle avec le territoire insulaire revendiqué par la Chine. Le Bureau des affaires de Taiwan, une agence gouvernementale chinoise, a publié mercredi un “livre blanc” détaillant comment Pékin envisage de prendre le contrôle de l’île, notamment par le biais d’incitations économiques. “Nous sommes prêts à créer un large espace (de coopération) pour parvenir à une réunification pacifique”, indique le document. “Mais nous ne laisserons aucune place aux actions séparatistes visant la pseudo-indépendance de Taiwan.”
La Chine considère Taiwan, avec une population d’environ 23 millions d’habitants, comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore réussi à réunir avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise (1949). En sept décennies, l’armée communiste n’a jamais été en mesure de conquérir l’île, qui est restée sous le contrôle de la République de Chine, le régime qui régnait autrefois sur la Chine continentale et ne gouverne plus que Taiwan.
“Lignes rouges”
“Nous ne nous engageons pas à renoncer à l’usage de la force”, souligne le livre blanc de Pékin, le premier sur ce sujet depuis 2000, avant de nuancer ses propos. “La force ne serait utilisée qu’en dernier recours, dans des circonstances impérieuses. Nous serons contraints de prendre des mesures drastiques contre les provocations des séparatistes ou des forces extérieures, si elles franchissaient nos lignes rouges”. Ainsi, la Chine propose de renforcer les liens culturels, en termes de sécurité sociale, de santé ou encore de favoriser une meilleure « intégration » économique. scène », promet le texte.
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Certains jeunes Taïwanais, surtout ces dernières années, commencent à développer une identité distincte de celle de la Chine continentale. Un phénomène impulsé par le Parti démocrate progressiste (PDP, indépendantiste) du président taïwanais Tsai Ing-wen, arrivé au pouvoir en 2016. Contrairement au gouvernement précédent, Tsai Ing-wen refuse de considérer que Taïwan et la Chine continentale font partie de une “une seule Chine”. Une position qui a fortement dégradé les relations avec Pékin. Malgré les tensions actuelles, un homme politique taïwanais de l’opposition, Andrew Hsia Li-yan, s’est rendu mercredi en Chine continentale où, après une quarantaine, il devrait rencontrer des entrepreneurs et des étudiants de l’île. Diplomate de haut rang et ancien chef de l’organe taïwanais responsable des questions liées à la Chine continentale, Andrew Hsia Li-yan est vice-président du Kuomintang (KMT), l’autre grand parti anti-indépendance et pragmatique de Taïwan. relations avec Pékin.
Visite controversée
“Non seulement le moment est mal choisi”, mais “c’est aussi une offense à nos militaires qui ne ménagent aucun effort pour protéger notre pays”, a dénoncé mercredi le parti présidentiel taiwanais. Cette visite “envoie un mauvais message à la communauté internationale”, a pour sa part dénoncé Tsai Ing-wen aux membres de son parti. La Chine considère le parti du président taïwanais comme “séparatiste”, mais aussi toute personne qui milite publiquement pour l’indépendance ou la dilution de l’identité chinoise des Taïwanais. L’armée chinoise a mené ses plus grands exercices militaires jamais organisés autour de Taïwan ces derniers jours. Ils devaient finir dimanche, mais ils ont continué cette semaine.
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Enfin, l’armée a annoncé mercredi que “toutes les tâches ont été accomplies”, signalant sa conclusion. Taïwan avait organisé ses propres exercices mardi pour s’entraîner à répondre à une attaque chinoise. « Tsai Ing-wen et le PDP (…) poussent Taïwan dans l’abîme du désastre. Ils finiront cloués au pilori de l’histoire ! », a fustigé mercredi Tan Kefei, porte-parole du ministère chinois de la Défense, dans un communiqué. “Les relations (Pékin-Taïwan) sont à nouveau confrontées à deux options pour l’avenir. C’est aux autorités taïwanaises de prendre la bonne décision quant à la direction à prendre.”