Des enquêteurs médico-légaux sur les lieux du crime le 25 juin 2022, après une fusillade devant des pubs et des discothèques du centre d’Oslo, faisant deux morts et 21 blessés. OLIVIER MORIN /AFP
FOCUS – Violences, agressions et agressions, radicalisation… L’homme d’origine iranienne était bien connu des services de police.
Seules quelques photos de Zaniar Matapour, l’auteur présumé de l’attaque meurtrière dans le centre d’Oslo vendredi dernier, circulent. On le voit menotté, face contre terre. L’homme, vêtu d’un T-shirt jaune et d’un pantalon noir, venait d’être dominé par les spectateurs et les forces de l’ordre après avoir tué deux personnes et blessé 21 autres.
Dans la nuit du vendredi au samedi 25 juin, alors que les rues étaient encore noires de monde vers une heure du matin, Zaniar Matapour est arrivé devant un pub -Per på hjørnet- et a commencé à tirer sur les terrasses. Il a ensuite braqué son arme sur un club gay voisin et a été rapidement neutralisé. Le lendemain, le chef de la police Christian Hatlo a qualifié la fusillade de terroriste. L’auteur présumé est alors inculpé de meurtre, de tentative de meurtre et de terrorisme. Lundi, il a été détenu pendant quatre semaines.
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Un lourd passé judiciaire
Zaniar Matapour, 42 ans, est arrivé en Norvège en 1991 à l’âge de 12 ans avec ses parents et ses deux frères comme réfugiés, ont rapporté divers médias norvégiens sur son voyage. Elle aurait été marquée par un exode difficile. Il s’est par la suite fait connaître pour une série “d’actes de violence et de menaces”, selon Roger Berg, chef des services de renseignement intérieur (PST) en charge de la lutte contre le terrorisme. En 1999, alors qu’il était encore au lycée, le tribunal d’Oslo l’a condamné à dix mois de prison pour avoir été poignardé dans une boîte de nuit lors d’un bal de l’école. En 2000, il a été acquitté en appel, car la Cour n’a trouvé aucune preuve montrant qu’il était le porteur du couteau. Il a ensuite été condamné à 30 jours de prison pour coups et coups de couteau par des camarades et violences de rue. En 2007, il a été arrêté pour possession de cocaïne et en 2019 pour tentative de meurtre, possession illégale d’arme à feu et port de couteau dans un lieu public.
En 2015, les services de renseignement intérieur norvégiens l’ont placé sur son radar, “par rapport aux inquiétudes sur sa radicalisation” et son appartenance “à un réseau islamiste extrémiste”, note le PST. Selon le journal norvégien VG, l’homme était un “sympathisant” de l’Etat islamique. En mai dernier, Zaniar Matapour avait été interrogé par la police après avoir été identifié sur le site d’une manifestation de l’organisation Stop à l’islamisation de Norvège. Il avait été arrêté alors qu’il circulait dans une voiture avec Arfan Bhatti, un recruteur de l’organisation État islamique en Norvège. Des entretiens avec lui le mois dernier avaient conduit les services à conclure qu’il n’avait pas “d’intentions violentes”. « Rétrospectivement, nous pouvons dire que nous l’avons peut-être mal jugé », a admis Roger Berg. D’autant que deux semaines avant l’attentat perpétré devant un bar gay d’Oslo, la veille de la marche pour la liberté, Arfan Bhatti avait posté sur Facebook un drapeau LGBT illuminé.
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Troubles psychiatriques
En plus de ses démêlés avec la justice, le père a aussi des “problèmes liés à sa santé mentale”, explique la PST, faisant référence à des documents judiciaires liés à ses procès. En effet, selon différents médias consultés par les médias, le tueur a souffert “de problèmes psychologiques une grande partie de sa vie” et notamment de troubles mentaux “schizophrénie paranoïaque” pour lesquels il n’aurait jamais été suivi. A Oslo, en revanche, ses voisins se disent en état de choc. Ils font référence à un homme “calme et gentil”.
L’immeuble où vit le suspect Zaniar Matapour à Oslo, photographié après la fusillade. NTB / REUTERS
Lundi 27 juin, la ministre de la Justice Emilie Enger Mehl a annoncé que la manière dont la police et la PST ont géré l’épisode sera évaluée. Le Premier ministre Jonas Gahr Store a reconnu samedi que la société norvégienne était “vulnérable” à de telles attaques, et assuré que son gouvernement avait fait de “la sécurité de la population une priorité”.
Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Stoere et la ministre norvégienne de la Justice et de la Sécurité publique Emilie Enger Mehl lors d’une conférence de presse sur la fusillade à Oslo le 25 juin. NTB / REUTERS