“These People” : les excuses de Caroline Cayeux peinent à convaincre la majorité

Malgré ses paroles calmes, un Le Parisienle ministre impliqué dans des déclarations adressées à la communauté LGBT, reste sous le feu des projecteurs de certains dans la majorité.

Ne t’en sors plus. La ministre Caroline Cayeux a beau s’être excusée ce jeudi soir après ses propos “stupides et maladroits”, la polémique ne va pas plus loin. Une plateforme se prépare actuellement pour exiger sa démission, signée par une majorité de parlementaires, selon BFMTV, confirmant une information de France Info. Et ses propres collègues du gouvernement prennent leurs distances.

“Je n’ai pas à dire si j’accepte vos excuses. Cela dépend des personnes impliquées. Si vous le souhaitez, vous pouvez soutenir l’ouverture de centres LGBT à travers le pays, vous pouvez soutenir la ‘fierté’ (note de marche des fiertés de l’éditeur )”, a jugé pour sa part la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa ce vendredi dans France inter.

Le même compte rendu du ministre des Transports, Clément Beaune ce jour dans France Info qui défend “une question de principes, de valeurs, de ligne politique très clairement rappelée par le gouvernement”.

Premières excuses peu convaincantes

La polémique est née lundi, avec la publication d’une tribune signée par les députés du Nupe a Tête de muleappelant au départ des ministres « LGBTQIAphobes notoires » du gouvernement, dont Caroline Cayeux.

Interrogé le lendemain par le Sénat, le nouveau ministre, longtemps élu sous l’étiquette LR, avait évoqué “avoir beaucoup d’amis parmi ces gens-là” lorsqu’il évoquait les couples homosexuels. L’ancienne sénatrice de l’Oise a par ailleurs dit “maintenir” les propos tenus en 2013, lorsqu’elle qualifiait le mariage pour tous de “dessein contre nature”.

Au cri de la gauche, Caroline Cayeux s’excuse quelques heures après cet entretien.

“Mes propos ont blessé beaucoup d’entre vous. Je les regrette profondément, ils étaient naturellement inappropriés. L’égalité des droits doit toujours être une priorité dans notre action”, a-t-il tweeté.

Collègues prenant leurs distances

De toute évidence, le geste ne suffit pas. Olivia Grégoire la soutient du bout des lèvres le lendemain. “Nous avons le droit de nous tromper une fois pour toutes”, a déclaré à LCI l’ancien porte-parole du gouvernement, aujourd’hui premier ministre chargé des Petites et Moyennes Entreprises. Lors de sa conférence de presse à l’issue du Conseil des ministres, Olivier Véran a dénoncé pour sa part des “observations anachroniques”, bien qu’il considère le dossier “fermé”.

Le soir même, Clément Beaune déplore également “les commentaires extrêmement mauvais”. “Je fais partie de ces gens-là”, répète-t-il sur la même antenne.

Espérant conclure une bonne fois pour toutes la séquence, Caroline Cayeux décide jeudi soir de se séparer d’un long entretien avec Le Parisien.

“Je comprends que ces propos stupides et maladroits aient pu faire beaucoup de mal. Je voudrais renouveler ici toutes mes excuses les plus sincères car elles ne reflètent en rien ma pensée”, poursuit l’ancien maire de Beauvais.

Le ministre a également veillé à apparaître aux côtés de Brigitte Macron lors du défilé du 14 juillet. Sera-ce suffisant pour sauver votre travail ? Certains membres de la coalition présidentielle ne baissent pas les bras.

exige la démission

Les anciens ministres et parlementaires de la majorité ont ainsi signé une tribune, qui sera publiée prochainement, appelant à son départ. “Comment accepter qu’un membre de l’exécutif, dont la fonction principale est de veiller à l’application des lois, puisse être qualifié de “ces gens” de citoyens français ?”, peut-on lire dans ce texte que BFMTV va pouvoir consulter.

“(La ministre) a délibérément choisi de maintenir ses propos homophobes : c’est certes répréhensible”, écrivent également les signataires. “Seul un juge devrait décider.”

Et les signataires s’interrogent : « La question est de savoir si le gouvernement, dans son devoir de solidarité, valide la position d’un de ses membres.

Marie-Pierre Bourgeois avec Anne Saurat-Dubois

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