“Thiomargarita magnifica” la plus grande bactérie du monde découverte en Guadeloupe

La communauté scientifique suit l’évolution d’une mégabactérie, 5 000 fois plus grosse que ses homologues et à la structure beaucoup plus complexe, découverte en Guadeloupe. L’annonce officielle de cette découverte est parue le jeudi 23 juin 2022 dans la revue Science. Cette bactérie est même visible à l’œil nu et possède des caractéristiques remarquables pour sa taille, qui peut atteindre deux centimètres.

Jean-Claude Samyde • Publié le 24 juin 2022 à 16:27, mis à jour le 24 juin 2022 à 16:33.

La découverte faite en Guadeloupe fait l’objet d’un article dans la revue Science du jeudi 23 juin 2022, car “Thiomargarita magnifica” au-delà de sa taille, c’est aussi son fonctionnement qui intrigue.

“Il mesure jusqu’à deux centimètres, ressemble à un ‘tab’ et bouscule les codes de la microbiologie”, explique à l’AFP Olivier Gros, professeur de biologie à l’Université des Antilles, co-auteur de l’étude.

La plus grosse bactérie du monde a été découverte en Guadeloupe. • © Sciences.org

Cette découverte a été faite à la surface de feuilles de palétuvier en décomposition à Guadalupe par Silvina González, chercheuse en biologie marine à l’université des Antilles, et l’équipe du professeur Olivier Gros, microbiologiste à l’université des Antilles.

Au début, je pensais que c’était tout sauf une bactérie parce que quelque chose de deux pouces ne peut pas être une bactérie. . Les techniques de description cellulaire par microscopie électronique montrent qu’il s’agit bien d’un organisme bactérien. Mais avec cette taille, nous n’avions aucune garantie que ce serait une seule cellule.”

Olivier Gros, professeur de biologie à l’Université des Antilles

AFP

Découvert en Guadeloupe il y a plus de dix ans, tout le travail des chercheurs est récompensé.

Des chercheurs du Lawrence-Berkeley National Laboratory (Etats-Unis), du Laboratoire de recherche sur les systèmes complexes de Californie et de l’Université des Antilles n’ont pas abandonné leur dossier malgré la mise en cause d’une première revue scientifique, avec laquelle ils avaient pris contact. La preuve de ne pas être assez robuste en terme d’image rappelle Olivier Gros.

Des études complémentaires se font auprès de Jean-Marie Volland, jeune postdoctorant à l’Université des Antilles, premier auteur de l’étude publiée dans Science, qui part aux États-Unis, où il recrute l’Université de Berkeley.

Plusieurs questions qui se posent dans la communauté scientifique à propos de “Thiomargarita magnifica”

Son énorme génome et la compartimentation de son matériel génétique sont des caractéristiques complexes qui n’ont jamais été observées chez d’autres bactéries.

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