L’essentiel Les lycéens de Raymond-Naves sont bouleversés par la disparition de Yahia et Oussama qui se sont noyés samedi 21 mai à Narbonne. Une cellule psychologique a été activée pour les aider à surmonter cette épreuve. Informez ces adolescents et leurs superviseurs.
Jonathan, 17 ans, tire machinalement sa cigarette en regardant dans le vide. L’élève de CP du lycée Raymond-Naves de Toulouse est surpris par la mort de Yahia et Oussama, deux de ses camarades de classe qui se sont noyés ce week-end à Narbonne. Ce mardi matin, entouré de quelques amis, à l’entrée de l’école, il évacue tant bien que mal sa tristesse : « Ça fait mal. Ils n’étaient qu’au début de leur vie et ils sont morts en cherchant un ballon dans l’eau… Quand j’ai appris la nouvelle, je n’y ai pas cru sur le moment. Je pensais qu’il y avait une erreur d’identité. Ils étaient inséparables, toujours amicaux, sérieux en classe. Je me souviens être allé à la piscine en classe de maternelle avec eux. Ils ne nageaient pas très bien, ils manquaient de technique, surtout Oussama. »
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“Ils étaient inséparables”
Ophélie connaissait bien les deux victimes, notamment Yahia, avec qui elle prenait régulièrement le bus : « Pour moi, c’est un gros choc. Je tiens bon mais j’ai quelques amis qui pleurent beaucoup. Je pense notamment aux élèves de la Terminale 13 où se trouvaient Ossama et Yahia. Voir vos chaises vides d’ici la fin de l’année sera affreux. »
La terrible nouvelle n’est pas parvenue à la direction de l’école par les voies officielles. C’est un agent technique de l’école dont le fils connaissait bien les deux victimes qui a donné l’alerte peu avant 8 heures ce lundi. Michel Carrié, le réalisateur, a pris les choses dans la foulée : « J’ai eu un moment de surprise mais il fallait garder la tête froide. J’ai envoyé un e-mail au personnel et à nos 2 000 étudiants. »
La 13e année n’avait pas cours ce matin-là et seuls quatre élèves de la classe sont arrivés à l’école secondaire dans l’après-midi. “La plupart d’entre eux n’ont pas pu aller au lycée. J’ai revu la classe ce matin (hier NLDR). Ils avaient tous le visage fermé, encore agacés par le drame. Personne ne voulait parler. Nous avons ressenti une dépression considérable. Je leur ai dit que je comprenais leur douleur et que nous mettrions tout à sa place pour les soutenir. »
Michel Carrié, le proviseur de l’école, réfléchit, en concertation avec les élèves, à la meilleure façon de rendre hommage aux deux disparus. Photo DDM, Xavier de Fenoyl
Un hommage à venir
Une cellule d’écoute (assistante sociale, infirmière scolaire, psychologue) a été activée pour accompagner les élèves. « Nous nous adapterons à vos besoins. Il y aura à la fois un accompagnement individuel pour ceux qui le souhaitent et aussi un accompagnement collectif pour ceux qui préfèrent que cela se fasse en groupe. Il y aura aussi un suivi dans le temps selon les sensibilités de chacun. Il est hors de doute de se contenter d’une seule intervention. Le bac est accompagné de l’épreuve philo et du grand oral. Notre mission est que ce drame ait le moins d’impact possible sur vos examens. “, détaille le chef d’établissement.
Il se demande comment l’école rendra hommage aux adolescents morts. “Nous réfléchissons à la meilleure façon de le faire. Cela peut être une minute de silence ou la lecture d’un texte dans la cour. Mais rien n’est fait. Nous discuterons avec les élèves. Celle-ci devrait avoir lieu lundi prochain. »