Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui bloque l’adoption d’un embargo européen sur le pétrole russe, estime “très improbable” un accord dans les prochains jours, dans une lettre au président du Conseil européen Charles Michel consultée mardi par l’AFP.
La Hongrie, actuellement en pourparlers avec la Commission européenne, “n’est pas en mesure d’accepter le sixième paquet de sanctions tant que les négociations n’auront pas résolu avec succès toutes les questions en suspens«Le chef souverainiste a écrit dans une lettre lundi.Les solutions doivent précéder les sanctions“, prévient.
“Compte tenu de la gravité des questions encore ouvertes, il est très peu probable qu’une solution complète puisse être trouvée avant le sommet extraordinaire.“Les 27 chefs d’Etat et de gouvernement prévus les 30 et 31 mai, estime-t-il.”Je suis convaincu que discuter du paquet de sanctions au niveau des dirigeants en l’absence de consensus serait contre-productif. Je ne ferais que souligner nos divisions internes sans offrir une opportunité réaliste de résoudre les différences.», poursuit Viktor Orban, proposant de «ne considère pas ce problème“pendant le Conseil européen”.Le maintien de l’unité de l’Union européenne doit rester notre priorité« Il a conclu.
Pays enclavé sans accès à la mer, la Hongrie dépend du pétrole de l’oléoduc Druzhba en provenance de Russie.
Le dirigeant hongrois insiste sur la proposition d’embargo sur le pétrole “entraînerait immédiatement de graves ruptures d’approvisionnement en Hongrie“et augmenterait les prix”environ 55-60%“.
Il redoute cette augmentation de la facture pétrolière, car il ne pourra peut-être plus limiter le prix du carburant, comme il le fait depuis novembre 2021.
Le Premier ministre souligne que son pays est toujours «ils dépendent fortement des importations énergétiques russes“, même si “La part de la Russie dans les importations de pétrole est passée de plus de 90 % en 2010 à 64 % en 2021“.
“L’arrêt du pétrole russe est impossible sans une restructuration complète de notre capacité de raffinage, nécessitant des investissements accrus et accélérés dans nos infrastructures énergétiques et une transition verte rapide.“il dit.
Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a fixé le chiffre la semaine dernière à “15-18 milliards d’eurosle coût de l’arrêt de ses achats de pétrole russe, pour expliquer sa demande d’exempter les livraisons de gazoducs du projet d’embargo pétrolier de l’UE.
Budapest juge insuffisante la proposition d’abrogation de deux ans pour appliquer l’embargo pétrolier proposé à la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque. La Hongrie demande depuis au moins quatre ans et près de 800 millions d’euros aux financements européens pour adapter ses raffineries et augmenter la capacité du gazoduc Adria depuis la Croatie.
Pendant ce temps, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré mardi à CNBC qu’elle “s’attend” à ce qu’un accord d’embargo sur le pétrole soit une question de “jours“.
“Ce que nous essayons de faire, c’est de trouver des solutions pour un ou deux États membres qui sont enclavés et ne peuvent donc pas avoir de pétrole par voie maritime et ont besoin d’alternatives en termes d’oléoducs et de raffineries.“, a expliqué.