L’interview de 80 minutes a été réalisée à la demande de Macron et Scholz, selon la Chancellerie allemande.
Trouver des options pour exporter du grain
“La Russie est prête à aider à trouver des options d’exportation sans barrières pour les céréales, y compris les céréales ukrainiennes en provenance des ports de la mer Noire”, a déclaré Vladimir Poutine lors des pourparlers, selon un communiqué du Kremlin.
Selon le président russe, les difficultés d’acheminement de vivres ont été causées par “les mauvaises politiques économiques et financières des pays occidentaux, ainsi que par les sanctions anti-russes” imposées par ces pays, selon le communiqué. Une augmentation des livraisons d’engrais et de produits agricoles russes pourrait réduire les tensions sur le marché agricole international « qui nécessiteront évidemment la levée des sanctions appropriées » visant Moscou, a-t-il souligné.
L’Ukraine, grand exportateur de céréales, notamment de maïs et de blé, a vu sa production bloquée en raison des combats. De son côté, la Russie, autre puissance céréalière, ne peut écouler sa production et ses engrais en raison des sanctions occidentales touchant les secteurs financier et logistique. Les deux pays produisent un tiers du blé mondial. En effet, le conflit a fragilisé l’équilibre alimentaire mondial, faisant craindre une grave crise qui touchera particulièrement les pays les plus pauvres.
Le président russe a promis que “la Russie ne profitera pas de l’ouverture de la ceinture de mines installée pour protéger les ports ukrainiens, pour permettre l’exportation de céréales par bateau, pour mener des actions offensives”, a déclaré la chancellerie allemande, précisant que les trois dirigeants se sont mis d’accord sur le “rôle central” des Nations unies dans la sécurisation des exportations.
Un “cessez-le-feu immédiat et un retrait des troupes russes”
Les deux dirigeants occidentaux “ont insisté sur un cessez-le-feu immédiat et le retrait des troupes russes” et “ont appelé le président russe à des négociations directes sérieuses avec le président ukrainien et à une solution diplomatique au conflit”, selon la chancellerie.
Le président russe a confirmé que la Russie restait “ouverte à la reprise du dialogue” avec Kyiv pour résoudre le conflit armé, alors que les pourparlers de paix avec l’Ukraine sont au point mort depuis mars, selon le Kremlin.
Au cours de l’entretien téléphonique, Vladimir Poutine a également “souligné le caractère dangereux de continuer à inonder l’Ukraine d’armes occidentales, avertissant des risques d’une nouvelle déstabilisation de la situation et d’une aggravation de la crise humanitaire”, selon la même source.
La libération de 2 500 combattants d’Azovstal
Enfin, Emmanuel Macron et la chancelière allemande ont appelé samedi leur homologue russe à libérer 2.500 combattants ukrainiens qui s’étaient réfugiés dans l’aciérie d’Azovstal à Marioupol (sud) et avaient été faits prisonniers par les Russes.
“Le président de la République et la chancelière allemande ont appelé à la libération de quelque 2 500 prisonniers de guerre d’Azovstal par les forces russes”, a déclaré la présidence française à l’issue d’un entretien téléphonique entre les trois dirigeants.
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