Les autorités allemandes ont signalé jeudi 26 mai la présence d’un foyer de peste porcine africaine non loin de la frontière française près de Colmar. Le virus est souvent mortel pour les porcs, qu’en est-il des humains ?
Identifiée pour la première fois au Kenya en 1921, la peste porcine africaine (PPA) est le destin des éleveurs de porcs. Un foyer du virus a été détecté jeudi 26 mai dans un élevage porcin allemand à Forchheim am Kaiserstuhl, à seulement 6 kilomètres de la frontière française.
Les autorités allemandes ont mis en place une zone de protection et de surveillance qui va intensifier la recherche de carcasses de sangliers et contrôler les élevages environnants en collaboration avec la Commission européenne.
En France, “à ce stade aucun cas n’a été identifié parmi la faune environnante”, a indiqué le ministère français de l’Agriculture, qui a toutefois décidé de lancer une cellule de crise la semaine prochaine avec “l’ensemble des professionnels et services de l’Etat”.
Car si elle est éradiquée en France depuis 1974, cette peste animale continue d’être une menace majeure, notamment pour les éleveurs.
Quel est ce virus ?
C’est une maladie virale hémorragique qui touche les porcs domestiques et les sangliers. Également connue sous le nom de peste porcine africaine, cette maladie virale est souvent mortelle pour les animaux qui l’attrapent. Découvert sur le continent africain en 1921, il n’affecte cependant pas les suidés sauvages africains comme les potamochères et les phacochères, selon l’Anses.
“Il est probable que le système immunitaire des phacochères ait appris depuis longtemps à maîtriser l’infection dans le cadre d’une adaptation virus/hôte, mais les déterminants de ces mécanismes restent jusqu’à présent inconnus.” précise encore l’agence.
Comment est-il transmis ?
Dangereuse dans ses formes aiguës, la peste porcine africaine se caractérise aussi par sa très longue capacité de contamination. Ainsi, un animal sain peut être contaminé par contact avec un autre animal ou un cadavre ou en mangeant des aliments contaminés par le virus comme de la viande. Ces derniers peuvent y survivre plusieurs mois, d’où la propagation du risque d’infection.
Cependant, le PPA n’est pas transmissible à l’homme.
Quels sont les risques ?
Si l’on considère trois niveaux de virulence de la maladie, les symptômes chez les animaux sont assez similaires mais à des degrés divers. Ceux-ci incluent : hyperthermie, troubles hématologiques, rougeur de la peau, anorexie, léthargie, troubles de la coordination, vomissements ou diarrhée.
“La mort survient en 4 à 13 jours à un taux de 100% dans la forme aiguë, en 30 à 40 jours avec une mortalité moindre dans la forme subaiguë. La maladie peut évoluer pendant plusieurs mois dans la forme chronique.” ajouter les poignées.
Si les risques sanitaires des suidés sont si réels, c’est aussi pour une raison économique que ce virus est étroitement contrôlé. Une mortalité élevée est une perte économique importante pour le secteur. A ce titre, le PPA est classé comme danger sanitaire de premier ordre en France.