Un ancien dirigeant d’Assu 2000 à Tanger raconte à BFMTV comment Jacques Bouthier, lors de ses visites au Maroc, a choisi ses cibles présumées et a demandé à ses employés de le mettre en relation avec eux.
Les témoignages d’anciens employés d’Assu 2000 continuent d’affluer sur l’attitude problématique de Jacques Bouthier, l’ex-chef de l’entreprise. Khamisse a été manager d’une équipe du groupe à Tanger, avant de démissionner en 2019. Interrogé vendredi sur BFMTV, il explique comment, lors de ses passages au Maroc, le réalisateur a choisi ses objectifs supposés parmi les jeunes salariés.
Selon lui, Jacques Bouthier avait l’habitude de “faire ses courses” parmi ces jeunes qui, dit-il, ne parlent pas forcément bien le français et ont entre 18 et 24 ans.
“Regardez les filles, transmettez l’information à l’un de leurs managers afin qu’ils puissent gérer le problème à sa place en contactant cette personne.”
Un jour, un de ses collaborateurs informe Khamisse des progrès qu’il a reçus du patron d’Assu 2000, avec des messages de soutien. “Mais en tant que petit manager, je ne peux pas intervenir car on parle du PDG de la boîte”, poursuit-il.
“On le voit, mais on ne peut rien dire”
Car à la moindre tentative de dénonciation, les salariés risquaient d’être licenciés, selon Khamisse.
“Au début, nous avons essayé de créer une sorte de syndicat. Mais automatiquement, ce groupe est licencié du jour au lendemain. Ils sont licenciés pour des raisons ‘insignifiantes'”, a-t-il déclaré.
“On le sait, on le voit, mais on ne peut rien dire. Quand on télécharge l’information, on est automatiquement viré”, poursuit Khamisse, qui affirme avoir été témoin de plusieurs situations de ce genre.
Un système bien rodé
L’ancien dirigeant d’Assu 2000 explique également avoir été “indirectement affecté par le comportement de Jacques Bouthier”.
“Tous les ans, des gens pouvaient gagner un voyage lors des challenges. Une année, j’ai gagné le challenge. Mais il a dit à l’un de ses cadres : ‘On ne veut pas de garçons, on n’a qu’à inviter des filles'”. “.
Jacques Bouthier a démissionné mardi dernier d’Assu 2000, après avoir été accusé par le parquet de Paris de “traite des êtres humains sur mineurs”. L’enquête a été déclenchée par le témoignage d’une jeune fille de 22 ans venue porter plainte dans un commissariat de Paris, expliquant avoir été enlevée et violée pendant plusieurs années par le chef.