Analyse Georges Séverin
Les bourses ont enregistré des évolutions positives au cours des dernières séances. L’indice BEL20 a terminé la semaine en hausse de 1% avant une semaine chargée pour les résultats des entreprises.
Le marché belge a sous-performé les marchés environnants, avec des rebonds de 3% pour le CAC40 (Paris) et Dax (Francfort), voire 5% pour l’AEX (Amsterdam). Mouvement positif également aux Etats-Unis, où le S&P500 a gagné 2,5%, et affiche désormais un rebond de près de 9% depuis la mi-juin.
Anticipations inflationnistes
Cette performance positive des actions européennes a paradoxalement été réalisée au cours de la semaine au cours de laquelle la Banque centrale européenne a mis fin à l’expérience de taux directeurs négatifs deux mois plus tôt que prévu. En relevant son taux de référence de -0,5% à 0%, le financier européen a mis fin à cette politique entamée en 2014 sous Mario Draghi.
La BCE a également annoncé la mise en place d’un nouvel instrument visant à prévenir la dislocation de la zone euro.
“Avec cette décision, la BCE reconnaît implicitement que l’environnement actuel est délicat, avec une inflation qui augmente plus vite alors que l’économie ralentit”souligne Andrew Mulliner (responsable des stratégies mondiales chez Janus Henderson). “Il a dû agir plus vite que prévu initialement”. Parallèlement, la reconnaissance d’un climat économique plus difficile devrait limiter le potentiel de hausse des taux obligataires, un constat qui a finalement été relativement bien accueilli par les investisseurs en actions.
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De même, les attentes de hausse des taux de la Réserve fédérale américaine ont eu tendance à se modérer, ce qui a suffi à redonner le sourire aux marchés boursiers également.
Chez Fidelity, note Steve Ellis (Global Head of Bond Markets Investment Strategy). “que les banques centrales auront de plus en plus de mal à remonter leurs taux face à la dégradation de la situation économique”.
Sur le marché des changes, la devise européenne s’est redressée face au dollar grâce à la fermeté inattendue de la BCE, progressant de 1,5 % sur la semaine pour clôturer à 1,023 $.
Résultats et investissements
A Bruxelles, la star était incontestablement Barco, dont le cours de l’action a explosé de plus de 18% pour revenir au-dessus des 25 euros et terminer la semaine à ses plus hauts niveaux depuis le déclenchement de la pandémie en 2020. Le groupe avait été l’une des principales victimes belges. de la pandémie en raison de son exposition au secteur du cinéma, avec un prix qui était passé de 34 à 15 euros en quelques semaines. Le groupe avait été évincé de l’indice BEL20. Les chiffres publiés en début de semaine dernière ont confirmé la reprise de l’activité, avec un carnet de commandes bien rempli qui laisse présager une poursuite de la croissance au second semestre.
Telenet réduit son dividende
A l’inverse, Telenet a perdu 16% sur la semaine écoulée malgré l’annonce de son accord de développement avec Fluvius. L’opérateur téléphonique a annoncé qu’il réduirait son dividende afin de financer le déploiement de son réseau de fibre optique au cours des dix prochaines années. Cela peut être une bonne nouvelle pour les perspectives à moyen terme du groupe, mais négative pour les investisseurs qui détiennent les actions dans l’espoir de recevoir d’importants flux de dividendes dans les années à venir.
Semaine importante
La semaine prochaine devrait être l’une des plus importantes de l’année pour les résultats des entreprises belges, avec des chiffres semestriels pour AB Inbev, ArgenX, Elia, Solvay, UCB, Umicore, WDP et GBL attendus entre le 27 et le 29 juillet. .
Mais les petites et moyennes capitalisations seront aussi à l’honneur avec Melexis, Cofinimmo, Telenet, Proximus, Econocom, Bekaert ou encore Ontex.