Un serveur du Café d’Ixelles écope de 50 mois de prison pour viol

Le vent (judiciaire) est en train de changer pour les violeurs qui profitent des jeunes filles et des femmes dans les cercles festifs de la capitale. La chambre 54 du tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné mardi un employé du bar El Café du quartier étudiant du cimetière d’Ixelles à 50 mois de prison pour avoir violé un client. Pour … faute’“l’extrême gravité des faits”la personnalité de l’accusé et son “absence totale de questions”, le tribunal a refusé de lui accorder une indemnité “qui maintiendrait son sentiment d’impunité”.

Sur le banc, la construction d’un placard avec un miroir attaché à une chemise blanche immaculée s’effondre. L’accusé reçoit la peine, sévère.

Les faits se sont déroulés dans les toilettes de l’établissement dans la nuit du 1er au 2 mars 2019, près de deux ans avant le mouvement #balancetonbar qui avait entraîné, l’automne dernier, une vague d’allégations d’agressions sexuelles commises dans des cafés et restaurants bruxellois. . . Avant les autres grandes villes du pays.

La victime avait vingt ans

Le portier du Café Ixellois a toujours remis en cause les faits, avouant seulement avoir embrassé la jeune fille de vingt ans. Mais pour le tribunal, les déclarations du prévenu et ses explications fluctuantes ne sont pas crédibles.

Au contraire, le contexte de la révélation des faits accrédite le témoignage de la victime. Le 2 mars, peu après 5 heures du matin, un homme s’approche d’une jeune fille en pleurs, sur un quai de la gare d’Etterbeek, à deux pas du Café. Elle lui raconte ce qui vient de se passer. L’étranger décide d’appeler la police. C’est lui qui active la machine judiciaire.

La jeune femme sera conduite au Centre d’accueil des victimes de violences sexuelles (CPVS) à Bruxelles, où elle sera entendue et prise en charge. Des échantillons seront prélevés de sa bouche.

La victime est restée constante dans ses accusations et n’a pas voulu se joindre à elles, note la sentence. Elle a expliqué qu’elle avait été forcée d’avoir des relations sexuelles orales avec un gorille à El Café. Elle se retrouva seule avec l’homme qui avait fermé la porte. Un témoin a déclaré qu’il avait l’air surpris lorsqu’il est sorti de la salle de bain, tandis que l’accusé souriait.

Boxer bleu à carreaux

Le portier a toujours soutenu qu’il s’était rendu aux toilettes du café à l’invitation de la jeune fille. Pourquoi l’avait-elle suivi alors qu’au lieu de cela, elle aurait dû lui demander de quitter les lieux : était-ce l’heure de la fermeture ? En principe, un classificateur est censé être à la porte. Dans un premier temps, l’homme a indiqué qu’il se contentait de discuter une minute et demie avec elle. Avant de revenir sur ses déclarations en disant que le jeune client s’était frotté contre lui et l’avait embrassé. Rien de plus.

La victime a toutefois pu décrire avec précision le slip (bleu, à carreaux, type boxer) que portait son agresseur cette nuit-là, note le tribunal. Comme elle pouvait le dire, il était circoncis. L’accusé s’était échappé : il le savait car il le lui avait confié en début d’après-midi.

Une explication confuse

Mais comment expliquer qu’on ait trouvé l’ADN du classificateur dans les restes de sperme extraits de la bouche de la victime ? Le prévenu avait été confronté au rapport scientifique devant le juge d’instruction. Le tribunal n’a pas cru ses explications, pour le moins absurdes. Selon lui, juste avant de prendre son service, sa maîtresse lui avait fait une pipe, rapidement, dans la voiture, au cours de laquelle il avait éjaculé. La dame et lui se sont embrassés. C’est ainsi que son sperme se serait retrouvé – quelques heures plus tard… – dans la bouche de la plaignante, que, dit-il, il venait juste d’embrasser.

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