Vincent Van Peteghem n’est pas le ministre le plus coloré de Vivaldi. “Il est tellement discret qu’on oublie parfois qu’il est le vice-Premier ministre du CD&V« Le 1er octobre 2020, lorsqu’il prête serment devant le roi, il hérite des Finances, l’un des portefeuilles les plus stratégiques du gouvernement De Croo. La mission confiée à cet homme réfléchi, sérieux et assidu : mener une réforme majeure pour moderniser le système fiscal belge, le simplifier et le rendre plus juste.
Pris au piège dans un feu croisé
Mais le chemin pour atteindre cet objectif s’est avéré particulièrement tortueux… La majorité fédérale associe l’eau et le feu au niveau socio-économique. Socialistes et écologistes peinent à trouver les engagements nécessaires à la famille libérale. Le démocrate-chrétien Vincent Van Peteghem est pris dans ce feu croisé idéologique entre la gauche et la droite. Les discussions sont gelées.
“Cinq des sept partis de Vivaldi veulent une réforme fiscale, seuls les libéraux se retiennent des deux piedsdéclare un ministre de l’aile gauche de Vivadista. Ce n’est pas nouveau… Déjà lors de la formation du gouvernement on passait des nuits à ce point, à discuter du sens de chaque mot de l’accord majoritaire. Désormais, le MR et l’Open VLD font circuler l’idée qu’il n’y aura pas de réforme fiscale et que le travail de Van Peteghem est de préparer le travail pour une prochaine législature. Ce n’est pas facile à gérer pour lui, il a hâte de faire cette réforme qu’il sait nécessaire.“
On se dit que Vincent Van Peteghem est frustré de ne pas pouvoir avancer sur un disque aussi iconique. Aux prochaines élections, quels résultats pourrez-vous présenter aux électeurs ? « C’est plus dans la tendance sociale du CD&Vsouligne un socialiste. C’est ce qui effraie les libéraux qui ne leur laissent aucune place dans leur réforme fiscale. Nous, à gauche, pourrions vivre franchement avec ses propositions.“
Trop influencé par l’administration ?
Au sein de la famille libérale, justement, la critique se dissipe. Le ministre des Finances”il est très gentil mais est complètement dominé par le fisc“Selon certains libéraux, Vincent Van Peteghem serait trop perméable du point de vue des experts de la fonction publique qui prônent un point de vue de gauche en matière de fiscalité.”Avec lui, l’administration peut faire passer les textes qu’elle veut. Nous seuls, les libéraux, pouvons rééquilibrer les choses.“
Eddy Peeters, le super gérant de taxi
Au sein de l’exécutif fédéral, tout le monde n’a pas cette lecture critique. L’équipe qui travaille pour Van Peteghem est au contraire très solide et indépendante. Un nom ressort clairement, celui d’Eddy Peeters, l’expérimenté directeur de cabinet du vice-premier ministre. Pendant près de 15 ans, il a été le confident et le technicien des poids lourds fédéraux du CD&V : Koen Geens, Kris Peeters, Pieter De Crem, Steven Vanackere, Jo Vandeurzen… Il les connaît tous comme chef de cabinet.
“Eddy Peeters est l’un des plus anciens routards de la rue de la Loi. confirme un membre du gouvernement. il a négocié l’accord majoritaire de Vivaldi. avec Joachim Coen (alors président du CD&V, ndlr). Van Peteghem a beaucoup de chance de l’avoir car il est très solide lors des conseils de cabinet. Même si, avec Eddy Peeters, la tradition des vieux CD&V est aussi filtrée, celle d’un parti qui a peur de son ombre et qui n’est pas très moderne…“