A l’occasion du 80e anniversaire de la commémoration de l’écriture du Voile du VIH, Emmanuel Macron s’est rendu dans l’ancienne gare de Pithiviers, d’où partaient les convois pour Auschwitz. “Ni Pétain ni Laval, aucun d’entre eux n’a voulu sauver les juifs. C’est une falsification de l’histoire”, a déclaré le président.
Un discours à forte valeur symbolique. Présent ce dimanche à Pithiviers (Loiret), sur le site de l’ancienne gare qui vit le trafic d’une partie des 13 000 Juifs détenus le 16 juillet 1942 au Vélodrome d’hiver de Paris, puis envoyés dans des camps de concentration, a dénoncé Emmanuel Macron. “l’antisémitisme qui circule” lors d’un discours qui se voulait offensant.
“Il profane nos tombes, intervient dans les débats de certains plats télévisés, joue sur la complaisance de certaines forces politiques, prospère aussi avec une certaine forme de révisionnisme, voire de négationnisme (…) L’antisémitisme encore il est là”, a déclaré le président. a dit.
“Ni Pétain ni Laval n’ont voulu sauver les juifs”
Ce qu’il faut y voir, c’est une référence, notamment, à Eric Zemmour qui avait affirmé à plusieurs reprises que le maréchal Pétain avait sauvé des juifs français pendant la Seconde Guerre mondiale, contrairement à ce qu’indiquent les travaux des historiens.
“Ni Pétain ni Laval, aucun d’eux n’a voulu sauver les juifs. C’est une falsification de l’histoire”, a encore jugé le locataire de l’Elysée, avant d’ajouter que “ceux qui se livrent à ces mensonges cherchent à détruire la République et l’unité de la Nation “.
Ces déclarations font également référence au tollé dès samedi soir dans les rangs de la coalition présidentielle mais aussi à gauche suite à un tweet polémique de la députée LFI Mathilde Panot.
“On n’en a pas fini avec l’antisémitisme. C’est encore plus fougueux, qui traîne en longueur qu’en 1995 dans notre pays, en Europe et dans tant d’endroits dans le monde”, a-t-il encore critiqué Emmanuel Macron, appelant les “forces républicaines” à “redoubler de vigilance”.
“La France l’a fait, l’Etat français l’a fait”
Le chef de l’Etat a également profité de ce discours pour marcher dans les pas de Jacques Chirac qui, en 1995, avait le premier reconnu la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs vers l’Allemagne à l’occasion d’un discours dans le Ve d’Hiv. Il a également cité les propos de l’ancien président évoquant “la France, réalisant l’irréparable”.
« Dans cette antichambre des camps, devant leurs geôliers en képi, les familles se murmuraient des mots en yiddish pour se rassurer, pour dire que la France ne le ferait jamais. Pourtant, la France l’a fait, l’État français l’a fait. explique le président à diverses personnalités comme l’historien Serge Klarsfeld ou la rescapée du camp Ginette Kolinka.
“L’Etat français a délibérément failli à tous ses devoirs”
Dans ce lieu qui n’accueille plus de voyageurs depuis la fin des années 1960 et qui vient d’être transformé en musée par le Mémorial de la Shoah, le locataire de l’Elysée juge une nouvelle fois que “l’Etat français a délibérément failli à tous ses devoirs de patrie”. des droits de l’homme, pas un seul soldat nazi n’a participé à cette rédaction.