Volkswagen annonce le départ surprise de son patron, Herbert Diess

Herbert Diess lors de l’ouverture de la première usine de cellules de batterie de VW, ‘SalzGiga’, à Salzgitter, dans le centre de l’Allemagne, le 7 juillet 2022. RONNY HARTMANN / AFP

Le patron du géant automobile Volkswagen, Herbert Diess, va quitter la direction du groupe, a annoncé Volkswagen vendredi 22 juillet. Ce départ surprise a été décidé “d’un commun accord” lors d’une réunion du conseil de surveillance de Volkswagen, selon un communiqué. Cependant, rien ne laissait présager son départ. Ce vendredi encore, il a souhaité à LinkedIn une « pause estivale méritée » à ses collaborateurs.

Il sera remplacé à partir de septembre par l’actuel président du conseil d’administration de Porsche, filiale du groupe Volkswagen, Oliver Blume.

Période de tension avec les représentants du personnel

Herbert Diess était sur la sellette depuis des mois au sein du géant aux douze marques engagé dans une marche forcée vers la voiture électrique et connectée. Jusque-là, il lui avait toujours sauvé la tête.

“Herbert Diess a joué un rôle clé dans la poursuite de la transformation de l’entreprise pendant son mandat” à la tête de Volkswagen et de la marque éponyme, a déclaré le président du conseil de surveillance Hans Dieter Pötsch dans un communiqué. “Il a non seulement dirigé l’entreprise dans des eaux extrêmement difficiles, mais il l’a également fondamentalement aligné stratégiquement”, a-t-il ajouté.

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Fin 2021, M. Diess, venu de BMW avec une réputation de manager intransigeant, sort vainqueur d’une période de tension avec de puissants représentants du personnel. A l’origine des turbulences internes, le style de management et la stratégie d’électrification de celui qui a pris le volant de Volkswagen en 2018 avec l’ambition de tourner définitivement la page du “dieselgate”. En effet, Volkswagen avait reconnu à l’automne 2015 avoir équipé 11 millions de ses véhicules diesel d’un logiciel capable de masquer des émissions qui dépassaient parfois jusqu’à quarante fois les normes autorisées. Les enquêtes sur ce scandale avaient longtemps été ralenties par une bataille judiciaire devant la Cour de justice de l’Union européenne, mais cette dernière a finalement confirmé l’illégalité du logiciel de Volkswagen fin 2020.

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Le leader Porsche aux commandes

Depuis le début de l’année, M. Diess avait déjà dû céder la responsabilité des opérations en Chine, un marché stratégique, à un autre poids lourd de l’entreprise, obtenant en contrepartie la supervision de l’entité Cariad, une unité de Volkswagen chargée de coder les logiciels chez au cœur de la révolution électrique et connectée initiée par l’industrie automobile.

Ironie du sort, en raison de la lenteur des progrès réalisés par Cariad, Porsche a récemment décidé de rompre le partenariat avec cette unité pour développer ses propres solutions informatiques.

Ce choix a été fait par le futur remplaçant de M. Diess à la tête de Volkswagen. Oliver Blume dirige Porsche depuis 2015. Il a rejoint le groupe en 1994, occupant successivement des postes de direction au sein des marques Audi, Seat et Volkswagen. Il est membre du conseil d’administration de Volkswagen depuis 2018.

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Le monde avec l’AFP

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