Voter en toute confiance : “Il est peu probable qu’Emmanuel Macron décide de dissoudre l’Assemblée” explique un politologue

l’essentiel A l’issue de son discours de politique générale la semaine prochaine, la Première ministre Elisabeth Borne pourrait ne pas demander la confiance des députés comme on le fait habituellement. Il faut comprendre que ce vote vous expose au risque d’être censuré. Pour La Dépêche du Midi, le politologue Pierre Mathiot explique les problèmes.

Elisabeth Borne laisse planer le doute sur un vote de confiance à l’Assemblée après son discours inaugural. Pourquoi cette hésitation ?

La situation actuelle donne une place privilégiée au Parlement. Cela signifie que l’exécutif doit mettre en œuvre des savoir-faire qui ne dominent pas forcément. Concrètement, elle doit composer avec une dizaine de formations politiques – du jamais vu – et personne n’a vraiment l’expérience de l’engagement à pouvoir gouverner. Nous n’avons pas la même culture politique qui prévaut en Belgique ou en Allemagne. sur la base du consensus pour faire avancer les textes. De plus, dans ce scénario sans précédent, très peu de députés ont plus d’un mandat. Elle est députée depuis seulement cinq ans. Nous sommes dans une Assemblée de néophytes où personne ne partage cette culture du dialogue politique. On comprend alors pourquoi Elisabeth Borne passe son temps à faire son choix par rapport au vote de confiance.

Concrètement, quel risque politique courez-vous ?

Le risque est qu’il y ait une coalition hétéroclite de visions diverses (NUPES, LR, RN…) qui décide de voter ensemble contre la confiance. Si tel est le cas, Elisabeth Borne devra très probablement démissionner. Il y a donc un risque politique mais qui, à mon avis, est théorique : on imagine mal le Nupes et le RN mêler leurs voix.

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En tant que spécialiste, quel scénario préférez-vous ?

Ce que l’on peut imaginer, c’est qu’Elisabeth Borne, avant son discours, assure avec tel ou tel groupe de l’opposition présent à l’Assemblée qu’elle ne participera pas au vote ou s’abstiendra. A terme, il doit s’assurer qu’il n’aura pas 289 députés contre lui. On l’imagine négocier un peu en cachette avec la coalition des non-inscrits, républicains ou socialistes, leur demandant de ne pas participer au vote. Si elle gagne ainsi la confiance, Elisabeth Borne pourrait dresser la carte d’une opposition avec laquelle elle pourrait “passer des marchés”.

Dans le contexte où Elisabeth Borne perd le vote de confiance et démissionne, comment anticiper la suite ?

Déjà, et à mon avis, il n’ira pas au vote de confiance s’il n’a pas d’engagements relativement clairs concernant un nombre suffisant de députés en sa faveur. Dans le scénario où il perd le vote et présente sa démission, il n’est pas improbable qu’à ce moment, Emmanuel Macron décide de dissoudre l’Assemblée nationale…

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