« Vous êtes une anomalie démocrate » : Elisabeth Borne amenée à travailler à l’Assemblée nationale

“L’heure est à la vérité. Cette motion de censure va servir de clarification politique”, a déclaré le chef du groupe LFI au Premier ministre. “Ceux qui ne voteront pas cette motion de censure seront partisans de votre politique”, de la réforme des retraites à “la politique de la nocivité et de l’injustice sociale”, a-t-il ajouté dans un environnement houleux.

La motion de censure défendue par la coalition de gauche Nupes n’a quasiment aucune chance d’aboutir, faute de soutien des groupes RN et LR.

Il a été conçu comme une manifestation de “méfiance” par Elisabeth Borne, qui n’a pas la majorité absolue à l’Assemblée nationale et n’a pas appelé à un vote de confiance le 7 juillet, lorsqu’elle s’est déclarée de politique générale.

“Vous ne tirez pas votre légitimité des législatives, pas même du Parlement” et “c’est, dans cette fonction (chef du gouvernement), une anomalie démocratique”, a encore attaqué Mme Panot, devant quelques rangs sauf pour la gauche. .

Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire français de gauche La France Insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, s’exprime lors d’un débat sur une motion de censure présentée par le parti Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) à l’Assemblée nationale française à Paris le 11 juillet 2022. © AFP

Mme Borne a immédiatement répondu que “nous pourrions agir pour les Français” mais “au lieu de cela, nous débattons d’une motion de censure cousue avec un procès d’intention qui entrave le travail parlementaire”.

“Les Français en ont marre des dialogues stériles et de la loi des postes” et ont “envoyé un message clair” aux élections, a ajouté le chef du gouvernement qui a appelé la semaine dernière l’opposition à “construire ensemble” les engagements devant le Parlement.

La patronne des députés LREM Aurore Bergé avait vu auparavant “une vertu dans cette motion de censure, c’est qu’elle montrera définitivement que le Nupes est clairement minoritaire à l’Assemblée nationale”.

La motion sera mise aux voix en fin d’après-midi, après les interventions des différents groupes politiques.

Seuls les députés favorables à la motion y prendront part. Pour faire tomber le gouvernement, il faudrait une majorité absolue de 289 voix, impossible à obtenir uniquement pour les noces (LFI, PS, écologistes, PCF).

Ils sont 151 au total mais le socialiste Dominique Potier n’a pas signé le texte. Je ne suis pas sûr non plus que tous les signataires participeront au vote.

“Faire exploser la République”

Marine Le Pen a redit dimanche que son groupe RN, en pleine recherche de respectabilité, ne soutenait pas la motion : “La Nupes ne défend pas les intérêts des Français, ce qu’ils veulent, c’est faire sauter la République.”

Dans la soirée, l’Assemblée reviendra sur le projet de loi de sécurité sanitaire et ses “mesures de freinage” face à la recrudescence du Covid-19, premier texte de la législature.

Il vise à étoffer les dispositifs de collecte de données de santé (test Covid, vaccination) et à établir un laissez-passer frontalier si la situation sanitaire l’exige.

Les députés ont unanimement réduit les délais d’autorisation de ces mesures en commission, jusqu’au 31 janvier et non fin mars, une “co-construction” saluée par LR et la majorité.

Mais les RN ou certains élus nuptials contestent l’intégralité de la facture et cherchent à tester la politique de santé menée.

A l’extrême droite, Julie Lechanteux avait appelé en commission aux “preuves” de l’efficacité du pass sanitaire et lancé que le “vaccin ne marche pas” face aux nouvelles variantes, suscitant la colère de la majorité.

Chez LFI on dénonce des “manquements coupables” dans les tests “gratuits” ou les purificateurs d’air pour les écoles.

Les débats doivent être encouragés sur les territoires d’outre-mer. Le texte prévoit que l’éventuelle assainissement aux frontières s’applique aux déplacements entre la France métropolitaine et les territoires d’outre-mer.

Le nouveau ministre de la Santé, le médecin urgentiste François Braun va vivre son baptême du feu dans la chambre, en pleine septième vague de Covid.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *