“Vous mettez des hommes accusés de viol à la tête de l’Etat” : Emmanuel Macron apostrophé par une lycéenne

Emmanuel Macron s’est déplacé ce jeudi 9 juin 2022 dans le Tarn pour parler de sécurité en milieu rural. Une sortie agitée pour le chef de l’Etat à quelques jours du premier tour des législatives.

Le président de la République était avec le monde rural ce jeudi 9 juin. Il est venu parler du déploiement d’une nouvelle gendarmerie et plus généralement parler de la sécurité dans les zones moins urbanisées. Un déplacement à Gaillac (Tarn) au cours duquel ce dernier a été interpellé par Laura, une lycéenne de 18 ans, rapporte BFMTV.

Macron répond par la “présomption d’innocence”

La jeune femme l’a interrogé sur les violences sexuelles. “Vous mettez à la tête de l’Etat des hommes accusés de viols et de violences par des femmes. Pourquoi ?” Emmanuel Macron a immédiatement réagi avant même de terminer la question : “Non…”. Et d’expliquer qu’il est venu précisément ce jeudi pour traiter de ces questions avec les gendarmes.

Le président explique qu’il est favorable à la “liberté d’expression”. “Je l’ai accompagnée et je continuerai à l’accompagner, à la protéger”, a-t-il déclaré, cité par Le Parisien. Et de défendre son gouvernement : “En même temps, pour fonctionner dans la société, il faut avoir la présomption d’innocence.”

“Il y a des hommes comme ça à la tête de l’Etat”

BFMTV a interviewé la jeune lycéenne après son échange avec Emmanuel Macron. Cette dernière explique avoir été victime de violences sexistes et sexuelles. Il ne porte pas plainte car il estime qu’il “ne comprend jamais” et parce qu'”il y a des hommes comme ça à la tête de l’Etat”. La jeune femme n’est pas satisfaite de la réponse du chef de l’Etat, qu’elle considère comme des propos “faux” et “hypocrites”.

Polémique autour de deux ministres

Pour elle, Emmanuel Macron “ne cesse de répéter que la grande cause du quinquennat est la lutte contre les violences faites aux femmes, mais appelle les hommes qui en sont accusés”. Confidence recueillie par nos confrères de BFMTV qui fait écho aux nominations controversées de certains ministres du gouvernement Borne.

Pour rappel, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a été la cible d’une plainte pour viol. Le parquet a demandé le non-lieu en début d’année. De même, le ministre de la Solidarité, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Damien Abad, est accusé de violences sexuelles suite à des signalements de l’Observatoire sur le genre et les violences sexuelles. Le parquet de Paris n’a pas ouvert d’enquête, faute “d’éléments permettant d’identifier la victime des faits dénoncés”.

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