Aurélia
Pour les personnes aux cheveux gris ou chauves, plus aguerries aux foires aux bestiaux qu’aux salles d’audience, treize professionnels de la viande de cheval ont pris place mardi 7 juin devant le tribunal correctionnel de Marseille. Commerçants, vendeurs, marchands de chevaux, grossistes, vétérinaires – dont quatre Belges et deux Néerlandais – sont tous jugés pour “escroquerie en bande organisée” et “tromperie mettant en danger la santé humaine” dans un des volets d’un scandale qui, en 2013, avait provoqué une fort scandale. méfiance des consommateurs de viande de cheval. Cinq autres personnes sont représentées par leur avocat en raison de leur âge avancé ou de leur éloignement des Pays-Bas.
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Les dix-huit prévenus forment, aux yeux du parquet, un enchaînement de responsabilités qui a abouti, entre 2010 et 2015, à introduire dans la chaîne alimentaire humaine “une quantité considérable” de chevaux impropres ou impropres à la consommation. Ceci au prix de multiples et parfois importantes falsifications de carnets d’identification et de dossiers de traitement médicamenteux des animaux. D’emblée, la présidente du tribunal, Céline Ballérini, marque les limites de ce procès, évoquant plusieurs affaires qui ont déjà secoué ce monde professionnel : “Ce n’est pas dans cette affaire où on vend de la viande de cheval à la place du bœuf, mais c’est Ce n’est pas non plus un scandale sanitaire dû à la pollution, mais ce qui est reproché a été fait pour l’argent. »
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Basé à Bastogne, en Belgique, Jean-Marc Decker, 58 ans, l’un des principaux marchands de chevaux d’Europe, serait le pivot de ce que le juge d’instruction, à l’issue de son instruction, a qualifié d'”un grand trafic international de chevaux”. Chaque année, il fait abattre environ 3 000 chevaux en France, à Pézenas (Hérault) mais surtout à Alès (Gard), principalement pour le compte d’un grossiste local, la société Equi’d Sud, dirigée par Georges Gonzales, fournisseur d’environ 80 détaillants. . . Des chevaux ont été achetés dans les Ardennes, l’Ain ou la Gironde auprès de fournisseurs de chevaux, dont certains ont admis que certains animaux étaient en panne. Jean-Marc Decker et ses hommes de confiance se sont également approvisionnés aux Pays-Bas et en Allemagne, soupçonnés d’avoir enfreint les règles sur les échanges intracommunautaires d’animaux vivants.
Dans le cadre d’une équipe d’enquête conjointe mise en place avec la police belge, l’Agence fédérale belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire a enquêté sur l’abattoir municipal d’Alès. Sur les 1.350 chevaux abattus, 473 avaient été abattus alors qu’ils auraient dû être exclus de la chaîne alimentaire pour bris de passeport ou problème d’identification, et 57 autres pour faux. Pour les 87 autres chevaux morts, des annexes « traitement de la toxicomanie » et trois faux timbres utilisés sur 65 passeports avaient été insérés illégalement. Le site a été signalé en 2015 par les défenseurs des animaux L214 comme une source d’abus.
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