Au Parti socialiste, la direction a lancé la grande lessive

Pierre Jouvet et Sébastien Vincini, membres de la direction du Parti socialiste, à Paris, le 29 avril 2022. ALAIN JOCARD / AFP

Laurent Azoulai n’est plus président de la Commission nationale des conflits (CNC) du Parti socialiste (PS). Il a démissionné le 20 avril, le soir même où son parti votait l’ouverture de négociations avec la future Union populaire sociale et écologique (Nupes). Ennuyeux car, mardi 28 juin, c’est devant ce CNC qu’ont été limogés 79 dissidents, candidats – élus ou non et leurs adjoints – aux législatives hors accord Nupes. Pour l’instant, ils sont suspendus du PS. Commencer un processus d’exclusion qui ne sera pas une tâche facile. Laurent Azoulai n’a pas encore été remplacé, le CNC ne fonctionne pas.

Surtout, “entre le moment de la saisine du CNC, la prise de connaissance du dossier, la désignation d’un intervenant, les auditions des parties, les investigations, etc., il faut au moins deux ou trois mois pour prendre une décision…”, s’inquiète Laurent Azoulai. Il y a 79 cas individuels à traiter ! Le CNC compte une trentaine d’adhérents, des militants qui se portent volontaires pour la vie interne du PS, s’absentant de leur travail… Quand j’ai quitté le CNC, la plupart d’entre eux n’avaient jamais eu affaire à un dossier… Cela nécessite un connaissance des statuts. , vrai travail de recherche… Je ne vois pas comment enquêter sur 70 cas en un temps raisonnable. »

« Une purge ?

Sébastien Vincini, membre de la direction du PS, est beaucoup plus confiant : « Le CNC va se doter d’outils pour agir vite. Et donner à chacun la possibilité de se défendre. Demandons les choses par écrit, c’est plus facile. Le CNC auditionnera ceux qui le souhaitent. Mais il y aura 79 cas à explorer, nous avons déjà des dossiers. Il y a aussi ceux qui ont déjà laissé le PS dans la tête. »

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Parmi les 79 dissidents figurent l’ancien secrétaire d’Etat aux Transports de François Hollande, Frédéric Cuvillier, le premier secrétaire fédéral de l’Ardèche, Laurent Ughetto, le premier secrétaire des Côtes-d’Armor, Vincent Le Meaux, et nombre d’élus locaux forts. “Il y a encore plus de dissidents que je ne le pensais…, s’émerveille Patrick Mennucci, ancien député des Boques del Roine et membre du courant minoritaire du PS. La purge déclenchée par la direction du PS n’a qu’un but : désespérer les militants socialistes, les pousser à partir pour que le congrès arrive. Hélène Geoffroy présentera, sous la motion Debout les socialistes, son texte d’orientation pour le prochain congrès. Si nous gagnons, toutes ces procédures seront annulées. »

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