Aux États-Unis, l’inflation s’accélère, au plus haut depuis 1981

Un trader à la Bourse de New York, le 10 juin 2022. SPENCER PLATT / AFP

Inédit depuis décembre 1981 : L’inflation annuelle a atteint 8,6 % aux États-Unis en mai, selon les chiffres publiés le vendredi 10 juin par le ministère du Travail. Cette annonce a entraîné une chute immédiate de Wall Street (2,9 % pour le S&P 500 et 3,5 % pour le Nasdaq riche en technologie) et une hausse des taux d’intérêt sur dix ans, qui sont passés de 3,02 % plus 3,17. %.

Ce chiffre confirme l’échec de la Réserve fédérale (Fed), présidée par Jerome Powell : avec des années de politique d’argent libre, la banque centrale américaine a laissé réapparaître une inflation que l’on croyait disparue. Cette hausse généralisée des prix exacerbe les difficultés de la présidence de Joe Biden, à cinq mois des élections de mi-mandat. La confiance des consommateurs, telle que mesurée par l’Université du Michigan, a chuté en juin de 58,1% à 50,2% – un chiffre qui n’avait jamais été atteint, même pendant la crise financière de 2008. Cela se reflète dans le prix d’un gallon d’essence, qui est approche désormais les 5 dollars (1,25 euros le litre).

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés “Jerome Powell veut croire à un miracle, qui permettrait à l’inflation de retomber toute seule”

L’invasion russe de l’Ukraine a accru la pression sur les matières premières et l’énergie préexistantes. Le blocus pandémique de la Chine a perturbé les chaînes de valeur, mais l’inflation touche désormais tous les secteurs de l’économie, tirée par des politiques budgétaires et monétaires très faibles pendant la crise du Covid-19. “Avis impopulaire : ce n’est pas Poutine qui cause l’inflation, mais trop d’argent pour trop peu d’actifs”, a résumé sur Twitter le financier Michael Gayed.

Les salaires réels baissent

De nombreux commerçants s’attendaient à ce que l’inflation commence à baisser. Le chiffre de mai est une pluie froide : en un an, le prix de l’énergie a augmenté de 50 %, l’alimentation de 10 %, les véhicules neufs de 12,6 %, les transports de 7,9 % et le logement de 5,5 %. Entre avril et mai, il n’y a pas eu de ralentissement : les prix ont augmenté de 1 % (soit 12 % par an), contre une moyenne de 0,7 % au cours des six mois précédents. Hors énergie et alimentation, le rythme reste sur un plateau élevé (+0,6 point). Même le prix des voitures d’occasion, qui avait grimpé en flèche en raison de la pénurie de véhicules neufs, est reparti à la hausse.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Aux Etats-Unis, les mauvais résultats de la grande distribution augmentent la probabilité d’une récession

Cette inflation érode les salaires réels des Américains, qui ont baissé de 0,5 point en un mois et de 3 % en un an. Cette mauvaise nouvelle a un visage plus réjouissant : les Etats-Unis ne sont pas dans une spirale inflation-salaire, malgré la chute du chômage à des plus bas historiques. Cependant, les travailleurs américains devraient être de plus en plus exigeants, avec une inflation prévue à 5,4 % l’an prochain et 3,3 % au cours des cinq prochaines années (contre 4,2 % et 2,8 % il y a un an).

Il vous reste 47,46% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *