BFMTV a pris la parole à Khamisse, gérant d’Assu 2000 à Tanger, au Maroc, jusqu’à sa démission en 2019. L’ancien directeur explique comment le PDG a profité de ses visites au Maroc, une fois par trimestre, pour “faire leur marché” auprès des jeunes salariés. . . Entre 18 et 25 ans, souvent choisis parmi les plus précaires, ils ne parlaient pas forcément bien le français et craignaient pour leur emploi en cas de refus.
« Son type était une jeune femme marocaine, mince et plutôt petite. Il passait beaucoup de temps au standard, qui était son terrain de chasse préféré. […]. Mais ça touche tout ce qui bouge. Quand il faisait le tour des plateaux, il allait voir les filles et les invitait dans une villa », raconte Khamisse.
Menaces directes
Ghita, une autre ancienne employée d’Assu 2000 à Tanger, raconte également à BFMTV qu’« elle a reçu peut-être une dizaine de plaintes. Les filles se sont plaintes de l’attitude de Jacques Bouthier. Elles m’ont dit : ‘Ça m’a touché les seins.’ ”
Sur RTL, un autre ancien employé de l’agence de Tanger raconte une scène : « Il a vu la fille, puis a appelé un responsable. Il lui a dit : “Tu lui laisses le dernier iPhone et elle reçoit le message qu’elle est invitée à dîner ce soir.” S’il accepte, c’est normal qu’il reste. S’il n’est pas d’accord, nous le virerons.
Khamisse et le reste des cadres coexistaient aussi avec le spectre du limogeage, en cas de plainte. Ensuite, « en tant que petit manager, je ne peux pas intervenir car on parle du PDG de la box ! “Le salarié explique qu’une ‘sorte de syndicat’ s’est mis en place pour organiser la riposte, mais” automatiquement, ce groupe a été licencié du jour au lendemain. […] avec des motifs “banals”.