Elio Di Rupo sort sa réserve au conseil de Mons : “C’est une situation totalement inacceptable”

Le fait est donc assez rare. Lors du dernier conseil, le socialiste est sorti de sa réserve habituelle pour appeler à des débats plus concis. A la Cité du Doudou, en effet, les conseils sont rarement courts. Entre la majorité PS-Ecolo emmenée par le maire Nicolas Martin et l’opposition Mons en Mieux emmenée par Georges-Louis Bouchez, le torchon peut brûler pour une place de parking. Et ça brûle lentement, très lentement.

La dernière session a duré près de 7 heures et aurait probablement pu se terminer encore plus tard. En réponse à une question de Chris Massaki sur les infrastructures sportives, la conseillère Mélanie Ouali a fait allusion à la fusion avortée entre le RFB et le RAQM. “On sait qui autour de cette table a fait dérailler le projet”, a déclaré l’édile aux sports. Pour rappel, le record avait enflammé la Cité du Doudou il y a deux ans. La majorité PS-Ecolo a accusé Georges-Louis Bouchez d’avoir saboté la fusion lorsqu’il a pris les rênes du RFB quelques jours après l’annonce du divorce. Des accusations rejetées par le libéral pour qui l’échec de la fusion était dû au manque d’engagement de la Ville de Mons.

Le dossier que l’édile a remis sur la table ce mardi soir lors de la plénière municipale, Georges-Louis Bouchez a voulu rouvrir la parenthèse, demandant des explications. C’est à ce moment-là, alors que la polémique aurait pu enflammer la mairie et que les discussions ont repris pendant quelques heures, qu’Elio Di Rupo a demandé la parole. “Vous avez répondu madame la conseillère. Après la réponse, on arrête”, a décidé l’édile PS. « J’ai l’impression qu’on abuse du discours. Il est exactement 12h40, et on n’a pas encore fini. Franchement je trouve que sur le plan de l’organisation, il y a de l’indécence. Je ne parle pas que pour moi. beaucoup d’édiles qui travaillent demain matin et sont dans une situation absolument intenable justement pour permettre le fonctionnement de la Mairie On a atteint des sommets indécents, et si on pouvait se jeter ensemble, même changer l’heure du conseil, parce qu’on peut se parler à goûter… C’est une situation totalement inacceptable.

La bonne célébration des débats à la mairie de Mons est un sujet qui fait débat depuis longtemps ! “Je partage cet avis, j’ai déjà eu l’occasion de le dire à de nombreuses reprises, les débats pourraient être beaucoup plus concis, les groupes pourraient être organisés pour éviter de multiples interventions à leur niveau”, a déclaré le maire Nicolas Martin. “Mais le code de la démocratie locale est fait de telle manière qu’on ne peut pas le forcer. Et les discussions entre les dirigeants du groupe n’ont pas abouti.”

Pour rappel, en effet, à la suite des nombreux incidents qui ponctuent habituellement les conseils communaux, les chefs de groupe s’étaient réunis pour tenter de faire naître un “gentleman pacte” qui aurait apaisé les discussions. Infructueux.

Mardi soir, le maire s’est mis d’accord avec Elio Di Rupo sur la nécessité de débats plus courts. Et Georges-Louis Bouchez aussi. En effet, l’édile de l’opposition en a profité pour rappeler que les discussions sont gérées par le maire. Mais Mons en Mieux réclame depuis longtemps que les réunions soient présidées par un autre élu. A noter qu’au sein de la majorité ou de l’opposition tout le monde s’accorde à dire que le conseil est trop long et vénéneux. Mais ce n’est pas nouveau, et jusqu’à présent, cela n’a pas arrangé les choses.

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