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Factuel Plus de deux mois avant l’élection présidentielle, la phase d’incertitude face au chef de l’Etat se poursuit. Indécis et plein d’espoir, il surprend même ses proches et est désormais contraint de s’engager par sa majorité relative à l’Assemblée nationale.
Dehors, il fait jour, mais les rideaux sont tirés, obligeant les huissiers de l’Elysée à allumer les lustres suspendus au plafond de la salle Napoléon III. Petit vert, alors qu’Emmanuel Macron reçoit une dizaine d’experts du climat cet après-midi 7 mai. Le chef de l’Etat a été réélu il y a treize jours, après une courte campagne et un mandat de cinq ans où chaque année semblait doubler. Il est fatigué. “Nous sommes tous fatigués”, soupire-t-il devant les siens, dans un amalgame de son humeur personnelle et de celle du pays.
« Je vous écoute », lance Emmanuel Macron à ses interlocuteurs. Le président de la République n’a pas vraiment envie de parler ; tout a déjà été dit dans son discours de Marseille, trois semaines auparavant, dans lequel il s’engageait à ériger la France en “grande nation écologique”. Prendre des notes. Autour de la table, certains se demandent si leur apport alimentera les futurs éléments du langage présidentiel, ou s’ils font partie d’un travail sérieux. Son hôte, en tout cas, ne cesse de partager des photos de sa rencontre avec les huit millions d’abonnés à son compte Twitter.
Emmanuel Macron donne un meeting entre les deux tours de l’élection présidentielle, à Marseille, le 16 avril 2022. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR “LE MONDE”
Une semaine plus tard, les invités recevront un compte rendu de la rencontre, avec la désagréable impression que l’intrigue a été écrite avant de mettre les pieds dans le palais. Depuis, plus rien. De son côté, le père du slogan “Make Our Planet Great Again” est attendu, après bien des déceptions. « Je lui ai demandé comment il prévoyait de rattraper son retard sur les énergies renouvelables ; aucune réaction n’était là pour polémiquer, déplore le climatologue Jean Jouzel. À un moment donné, j’aimerais que les décideurs politiques tiennent leurs promesses. »
Ce cri du cœur, pourtant, Emmanuel Macron en avait fait le moteur de son engagement. “Pour moi, seuls l’action et le succès comptent. Sans cela, cette vie politique est indigne », écrivait-il en 2016 dans son livre Revolució (XO). La crise des “gilets jaunes”, l’épidémie due au Covid-19, après la guerre en Ukraine ont émoussé cette bravade juvénile. Le chevalier de la « transformation » est devenu un gestionnaire de tempête. Avec suffisamment de talent pour être réélu le 24 avril.
Depuis, le doute s’est installé sur sa volonté de retrouver une posture réformatrice. Voulez-vous jouer ?, demandent-ils à leurs propres fans. Peut-on ?, s’interrogent d’autres, maintenant que les électeurs ont accordé une majorité relative simple à l’Assemblée nationale.
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“Abasourdi”, “bloqué”, “absent”
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