Vingt jours pour être avec le bébé et vivre sa vie de père d’un petit enfant, sans limitation de travail. C’est une percée célèbre : il y a 20 ans, le congé paternité n’était que de 10 jours. Si l’on remonte encore plus tôt, les parents pouvaient s’absenter seulement 3 jours à la naissance d’un enfant : ce n’était pas un congé de paternité mais un congé de circonstance.
Nous avons parcouru un long chemin, mais les parents belges ont encore beaucoup moins de chance que les parents espagnols. À la maison, le congé a été porté à 15 semaines, et les 6 premières sont obligatoires.
Congé paternité de 15 semaines, obligatoire et financé à 100%.
La Ligue des familles, de son côté, prône un congé de paternité ou de coparentalité de 15 semaines, un congé obligatoire et rémunéré à hauteur de 100 %. Pour Lola Galer, chercheuse à la Ligue de la famille, “il y a des enjeux d’égalité et de santé qui sont très importants”. pris en charge par l’employeur, les douze jours restants sont limités à 82% du salaire brut avec une limite de 118 euros net par jour, et donc, dans certaines familles, on choisit de ne pas perdre ce salaire”.
La Ligue des familles demande un congé 100 % rémunéré pour les pères, ou les coparents, comme pour les mères, en toute circonstance : « Bien sûr que ça a un coût, mais donner un congé paternité a aussi eu un coût. Et c’est tout. quand on a instauré le congé maternité, si on y réfléchit, mais il y a de gros problèmes sociaux d’isolement, pour prévenir la dépression post-partum. Et il y a des études qui ont montré que les mères sont moins incapables de travailler […] où les parents pouvaient prendre un congé de paternité. Et les mères qui ne peuvent pas travailler ont aussi un coût énorme, donc il faut relativiser… »
Lutte contre les inégalités de genre
Les inégalités entre hommes et femmes sur le marché du travail éclatent dès la naissance d’un enfant. Avec un congé paternité parfaitement identique au congé maternité, un homme et une femme auront les mêmes “opportunités” de devenir père et donc de prendre un congé. Les femmes en congé maternité s’occupent de leurs enfants, de l’organisation de la maison, elles travaillent aussi à temps partiel et c’est un cercle vicieux”, précise Lola Galer, qui propose aux autorités belges un calendrier pour atteindre 15 semaines en 2029.
Congé parental : pas encore de solution
En Belgique, très peu d’hommes prennent un congé parental. Il n’est pas assez payé. “828 euros/mois… C’est totalement insuffisant”, explique Sébastien, professeur dans une académie de Quaregnon, près de Mons. Elle avait hâte d’aider son compagnon et de prendre un congé parental à la naissance de son troisième enfant, mais “c’est insupportable”, dit-elle. “Cette baisse aurait pu nous aider tous les deux, nous aurions pu profiter des enfants à tour de rôle, mais financièrement c’était impossible, les factures continuent de baisser, nous n’avons pas bougé. Ce n’était même pas possible pendant une courte période . Seuls ceux qui ont déjà les moyens de se le permettre ».
Martin, a décidé de choisir le congé parental pour la cinquième fois. Il essaie actuellement de profiter des soirées avec Lucien et Anouk. C’est la troisième fois qu’il faut 4/5 fois en quelques mois. Une option économiquement neutre : « Vous perdez 1/5 de votre salaire, les jours de congés au prorata, les chèques repas si vous en avez, tous les avantages extra-légaux et vous avez une indemnité ONEM de 135/140 euros par mois, donc oui. , vous perdez de l’argent, mais il est important de voir vos enfants grandir. Sans ça, je ne pourrais jamais les emmener à l’école, car je pars trop tôt le matin.”