Le ministère des Affaires étrangères a confirmé la mort de l’homme de 32 ans, qui serait décédé dans la région de Kharkiv.
Europe 1 a annoncé jeudi la mort d’un “premier combattant français, mortellement blessé par des tirs d’artillerie dans la région de Kharkiv le 1er juin”. Le ministère des Affaires étrangères, qui a confirmé l’information le lendemain, n’a pas révélé son identité. De son côté, la Légion étrangère ukrainienne, qui regroupe des volontaires du monde entier, a révélé la mort de quatre de ses membres, dont un Français : Wilfried B. Selon sa mère Catherine, au micro d’Europe 1, il aurait été surpris par son unité de “douze soldats de toutes nationalités” et donc il serait mort, ainsi qu’un autre soldat. Contacté par Le Figaro, le Quai d’Orsay indique ne pas disposer de plus d’informations à ce stade.
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Le Bayeux de 32 ans, selon un article de Ouest France Normandie en 2013, a été enchaîné à des emplois occasionnels après le lycée dans les secteurs du bâtiment, de l’industrie et de l’ostréiculture avant d’être embauché par un futur contrat de travail. Dans un entretien filmé avec un journaliste espagnol en mars en Pologne, l’homme s’est dit “prêt à mourir pour l’Europe et le peuple ukrainien”, affirmant avoir servi dans l’armée française pendant un an. Information qui n’a pas encore été vérifiée.
Il prétend également être le père de deux filles. Cependant, sa mère confie à Europa 1 qu’elle laisse derrière elle une fille de huit ans. Elle le décrit comme “ne trouvant pas sa place” en France, mais “se sent bien en Ukraine”, d’abord pour y aider les réfugiés. Wilfried B. serait monté à bord d’un bus de Paris à destination de la Pologne sans prévenir sa mère jusqu’à son arrivée. Après un séjour dans un centre humanitaire à Medyka, en Pologne, il aurait rencontré “un Allemand qui l’a laissé dans un endroit” pour rejoindre la Légion ukrainienne, qu’il avait créée, voulue par Volodymyr Zelensky peu après. le lancement de l’invasion russe.
Sa mémoire acclamée par le groupe “Misanthropic Division”
Dans le compte Telegram “Misanthropic Division”, le sacrifice de Wilfried B. est le bienvenu. Là, il est décrit comme un “membre fier de la WSMDivision, un légionnaire français, un homme qui a combattu contre le bolchevisme et les antifascistes toute sa vie”. Un chaton a été créé dans la chaîne cryptée pour soutenir financièrement sa famille. La Division misanthropique, mouvement néonazi sans hiérarchie établie, s’est consacrée au Donbass en 2014 et 2015. Depuis, son rôle s’est limité au recrutement pour combattre l’armée russe. Cependant, à l’heure actuelle, il n’est pas prouvé que Wilfried B. ait entretenu des liens avec ce mouvement, tant en France qu’en Ukraine.
Selon Europe 1, le ministère des Armées serait en contact avec la famille pour rapatrier le corps, d’abord à Orly puis en Normandie. Même les coûts seraient supportés par l’armée ukrainienne. Contacté, le ministère des Armées renvoie au Quai d’Orsay qui “n’a pas plus d’informations”. En mars dernier, Mediapart révélait la présence de 150 Français qui avaient défilé pour combattre l’armée russe.
Lundi 30 mai, Frédéric Leclerc-Imhoff, journaliste français de 32 ans et correspondant de la chaîne BFMTV, a été mortellement blessé alors qu’il couvrait l’évacuation de civils autour de Sieverodonetsk. Selon le gouverneur de la province de Lougansk, Serhiy Gaidaï, le journaliste était monté à bord d’un camion d’évacuation “parti à la recherche de 10 personnes” lorsqu’il est tombé “sous le feu de l’ennemi”. Un éclat d’obus a traversé le pare-brise et “l’a touché au cou”.