Guerre en Ukraine : la situation sur le terrain au 132

La ville de Sloviansk, dans l’est de l’Ukraine, a été “massivement” bombardée par les forces russes, tandis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky appelle son peuple à faire des “efforts surhumains” pour gagner la guerre.

“Il faut briser” l’ennemi, a lancé le chef de l’Etat.

Voici un point sur la situation au 132e jour de la guerre basé sur des informations de journalistes de l’AFP sur le terrain, des déclarations officielles ukrainiennes et russes, des sources occidentales, des analystes et des organisations internationales.

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Au moins deux personnes ont été tuées et sept autres blessées dans un attentat à la bombe à Sloviansk, la prochaine cible des forces russes, ont annoncé mardi les autorités.

“Sloviansk ! Bombardement massif de la ville. Le centre, le nord. Tout le monde reste protégé”, a écrit sur Facebook Vadim Liakh, le maire de cette ville de 100 000 habitants avant la guerre.

Après la chute de Lyssytchansk, l’urgence pour l’Ukraine est de contenir l’avancée russe vers l’ouest et deux grandes villes de la région voisine de Donetsk : Sloviansk et Kramatorsk.

Selon le gouverneur de la région de Donetsk, Pavlo Kirilenko, 10 personnes – dont deux enfants – sont mortes dimanche dans des frappes russes à Sloviansk et aux alentours.

A Siversk, entre Lyssytchansk et Sloviansk, des militaires ukrainiens semblaient mardi vouloir maintenir une ligne de défense entre la ville et Bakhmout, plus au sud.

Les Ukrainiens “se sont probablement retirés en grande partie en bon ordre (de Lysytchansk et Severodonetsk), en application d’un plan existant”, estime le ministère britannique de la Défense, qui juge “réaliste” de s’installer sur un front de ligne plus facilement défendable.

L’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW) note pour sa part que les Russes ont « poursuivi leurs offensives à l’est de Bakhmout pour se préparer à avancer vers Bakhmout et Siversk ».

Nord-est

Lundi soir, l’armée ukrainienne a fait état de tentatives d’assaut russes repoussées dans la région de Kharkiv, deuxième ville d’Ukraine. Selon les autorités locales, trois civils y ont été tués dans un bombardement qui a eu lieu lundi avant l’aube.

Sud

Un responsable russe des puissants services de sécurité (FSB) a pris mardi le gouvernement de la région ukrainienne de Kherson, occupée par les forces russes. Sergueï Elisseyev était jusque-là le premier chef adjoint du gouvernement de la région russe de Kaliningrad (nord-ouest).

“La Russie est là pour toujours”, a déclaré un ancien député ukrainien installé à Moscou, Alexei Kovalev, qui a survécu à une tentative d’assassinat fin juin.

Mais les combats se poursuivent dans toute la région, en particulier dans les ports de la mer Noire en jeu. Les Ukrainiens continuent de contre-attaquer et de regagner du terrain, souligne l’ancien général australien Mick Ryan, pour qui le front sud est le plus important du conflit au niveau stratégique.

Je le prends

Les 30 pays membres de l’OTAN ont entamé mardi le processus de ratification des adhésions de la Suède et de la Finlande. “A 32 ans, nous serons encore plus forts (…) au moment où nous faisons face à la pire crise sécuritaire depuis des décennies”, a souligné le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Jens Stoltenberg.

“Nous n’envisageons pas d’avoir une présence supplémentaire dans les deux pays, ils ont des forces nationales formidables. Ils sont capables de se défendre”, a déclaré à l’AFP son secrétaire général adjoint, Mircea Geoana.

Torture

La Russie a déclaré qu’elle enquêtait sur les allégations de torture de soldats capturés par les forces ukrainiennes puis relâchés lors d’un échange de prisonniers.

“La commission d’enquête russe vérifie les faits de traitement inhumain des soldats russes prisonniers d’Ukraine”, a déclaré ce puissant organe chargé des enquêtes criminelles.

Moscou et Kyiv ont procédé à plusieurs échanges de prisonniers de guerre. La dernière date était le 29 juin et impliquait 144 Ukrainiens et autres Russes.

Biélorussie

Le président Zelensky a déclaré mardi que la Biélorussie, alliée de Moscou, n’entrerait pas en guerre. “Nous pensons que la Biélorussie ne sera pas impliquée dans cette guerre, mais il y a des provocations et elles continueront”, a-t-il déclaré.

Céréales bloquées

Un cargo battant pavillon russe, au centre d’une bataille diplomatique entre Kyiv et Moscou, est resté ancré mardi au large de la Turquie en mer Noire pour la cinquième journée consécutive, a rapporté l’AFP.

L’Ukraine, qui accuse la Russie d’avoir volé ses récoltes de blé, affirme que le Zhibek Zholy, qui a quitté jeudi le port ukrainien de Berdiansk sous occupation russe, est chargé de 7 000 tonnes de céréales obtenues illégalement.

Une source diplomatique turque a indiqué à l’AFP qu’il y avait une “inspection” à bord.

Des dizaines de milliers de morts

La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a sanctionné mardi le nombre “intolérable” de civils dans le conflit, avec près de 5.000 victimes civiles confirmées, dont 335 enfants.

Le chiffre est probablement largement sous-estimé. Pour la ville de Marioupol (sud-est), tombée en mai après un terrible siège, Kyiv avait évoqué environ 20 000 morts mais sans apporter la moindre preuve.

Au niveau militaire, les sources sécuritaires occidentales parlent désormais entre 15 000 et 20 000 soldats russes morts. Les forces ukrainiennes perdent environ 100 soldats chaque jour, selon Kyiv.

Pas de statistiques indépendantes disponibles.

Ukrainiens déplacés ou réfugiés

Plus de six millions d’Ukrainiens sont déplacés à l’intérieur du pays, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Ils ont rejoint les quelque 5,5 millions d’Ukrainiens enregistrés comme réfugiés dans d’autres États européens depuis le début de l’invasion le 24 février.

AFP

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