Incendies : faut-il réintégrer d’urgence les 5 000 pompiers non vaccinés ?

Alexis Delafontaine, édité par Gauthier Delomez à 6h35, le 12 août 2022, modifié à 18h16, le 12 août 2022

Alors que les pompiers se mobilisent massivement pour combattre les incendies, des élus de droite et de gauche appellent le gouvernement à réintégrer en urgence les près de 5 000 pompiers qui n’ont pas été vaccinés contre le Covid-19. Sur Europe 1, le vice-président des sapeurs-pompiers de France estime toutefois que ce n’est pas une bonne solution.

C’est une question qui peut rapprocher la gauche et la droite. A l’Assemblée nationale, les élus des deux grandes sensibilités politiques interrogent le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur une éventuelle réintroduction des pompiers suspendus car non vaccinés contre le Covid-19, alors que de nombreux incendies ravagent plusieurs forêts de France . Selon le SDIS, il y a 5 000 sapeurs-pompiers volontaires et 140 permanents non mobilisables. Et vu l’urgence, cette décision reste un malentendu pour l’opposition.

C’est le cas du député du Rassemblement national du Var, Frédéric Boccaletti. “Nous sommes victimes d’incendies sans précédent sur notre territoire. Les pompiers sur le terrain sont épuisés. Ils sont mis à rude épreuve depuis plusieurs semaines”, rappelle le député au micro d’Europe 1. Il poursuit : “Je pense que le ministre de l’Intérieur il doit assumer ses responsabilités et réintégrer d’urgence les sapeurs-pompiers suspendus. Face aux flammes, le vaccin ne protège pas”, dit-il, “par contre, nos sapeurs-pompiers nous protègent”.

Une fausse bonne idée pour le vice-président des pompiers

Cette question avait déjà été évoquée en juillet, mais le gouvernement avait décidé de maintenir la suspension. Une décision légitime pour Norbert Berginiat, vice-président des sapeurs-pompiers de France. Selon lui, réintroduire des pompiers non vaccinés serait une fausse bonne idée. “On est déjà en déficit collectif, si on a une épidémie chez nos pompiers, ce sera une grande catastrophe”, plaide-t-il auprès d’Europa 1.

“Réintroduire des personnes non vaccinées, c’est courir le risque de mettre à plat notre capacité d’intervention. C’est pourquoi cela peut être dangereux”, explique Norbert Berginiat. Un dilemme difficile que le ministre de l’Intérieur n’a pas encore tranché.

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