Journée solidaire : à quoi ça sert vraiment ?

Le lundi de Pentecôte est une journée de solidarité depuis 2004, c’est-à-dire une journée de travail non rémunéré pour financer des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées.

Certains employés ne travaillent pas et ont un jour de congé alors que d’autres travaillent sans salaire. Depuis 2004, le lundi de Pentecôte est une journée de solidarité, c’est-à-dire une journée complémentaire, non rémunérée et destinée à financer des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées.

Si un accord de bureau ou d’entreprise peut décider d’un autre jour férié pour remplacer le lundi de Pentecôte, ou pour adoucir ces horaires tout au long de l’année, c’est ce jour qui est le plus concerné par la fête de la solidarité. L’idée est née après la canicule meurtrière de l’été 2003, et dans le but de financer des actions en faveur des personnes âgées et handicapées, et notamment la prévention des risques liés à une nouvelle canicule.

Plus de 3 milliards sont attendus cette année

Plus précisément, les employés travaillent un jour de plus, mais ne sont pas payés ce jour-là. En échange de cette journée de production supplémentaire, l’employeur verse une cotisation de 0,3 % de son salaire. Cette somme est reversée à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). En 2022, la CNSA attend 2,2158 millions d’euros grâce à cette contribution.

Mais les salariés ne sont pas les seuls à avoir mis la main à la poche puisque depuis 2013, les contribuables sont imposés à 0,3 % sur leur retraite, qui devrait cotiser 800 millions d’euros, toujours selon les prévisions budgétaires 2022 de la Solidarité nationale. Fonds pour l’autonomie. Cela représente au total plus de 3 milliards d’euros prévus pour 2022. Depuis 2004, plus de 45 milliards d’euros ont ainsi été levés.

Plus de 2 milliards pour les personnes âgées

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Une somme qui “permet de couvrir entre 4 et 5% des dépenses de l’Etat pour les personnes âgées en perte d’autonomie et en situation de handicap”, expliquait la CNSA en 2019. En 2020, la journée de la solidarité a levé 2,948 millions d’euros. Sur ce montant, légèrement inférieur à celui prévu pour 2022, 2,013 millions ont servi à financer des actions en faveur des personnes âgées, indique le site du gouvernement “pour les personnes âgées”. Parmi ces actions financées figurent l’exploitation et la modernisation d’établissements et de services médico-sociaux pour personnes âgées ou encore des actions de prévention de la perte d’autonomie.

Le reste des sommes récoltées a servi à financer des actions en faveur des personnes handicapées, à hauteur de 912,4 millions d’euros, à développer de nouvelles formes d’habitat pour les personnes âgées et les personnes handicapées, à hauteur de 15,7 millions d’euros et enfin 6,5 millions d’euros. possible de renforcer le soutien aux soignants.

Vers une nouvelle journée de solidarité ?

Des montants qui pourraient toutefois être encore insuffisants au regard du vieillissement de la population. Selon l’INSEE, les personnes âgées en perte de capacité, aujourd’hui près de 2,5 millions, pourraient atteindre 4 millions d’ici 2050. La proportion de personnes âgées en perte de capacité physique ou cognitive augmenterait de 3,7 % en 2015 pour atteindre 5,4 % de la population. la population totale en 2050.

Pour financer la dépendance, durant les cinq premières années d’Emmanuel Macron l’idée d’une deuxième journée de solidarité a été évoquée, comme le lundi de Pentecôte. “Une piste intéressante”, avait-il répondu en avril 2018.

Un an plus tard, La République en Marche reprenait cette idée à l’occasion du grand débat national, en 2019. Stanislas Guérini proposait de “travailler un jour supplémentaire” pour pouvoir financer les dépenses liées à la dépendance aux personnes âgées et handicapées. . . .

Une proposition qui avait divisé la majorité : si Olivier Véran avait réfuté cette idée, Aurore Bergé s’est dite au JDD “convaincue que les Français acceptent de travailler plus dur si on leur explique que 100% des revenus de la journée de solidarité servent à baisser leurs impôts ou le financement des EHPAD.» Une idée qui avait été carrément rejetée par l’opposition, mais qui pourrait refaire surface durant le deuxième quinquennat.

VIDEO – Quel lundi, férié ou pas ? BFMTV répond à vos questions

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