Starliner, la capsule de Boeing, doit revenir sur Terre mercredi soir après six jours dans l’espace, dernière étape clé de sa mission test pour implanter un nouveau moyen de transport sur la Station spatiale internationale.
L’atterrissage de la capsule, qui n’a aucun passager à bord, est prévu à 18h49 sur la côte est des Etats-Unis (22h49 GMT), dans le désert de l’Etat américain du Nouveau-Mexique, au pied de White Sands. .
Sa descente sera ralentie par son entrée dans l’atmosphère terrestre, puis par de gros parachutes, et le contact avec le sol sera amorti par de gros airbags.
L’enjeu est de taille pour Boeing, qui tente depuis des années de faire de ce vol d’essai un succès, et pour la NASA, qui a investi des milliards de dollars dans le développement de l’engin spatial. À l’avenir, elle souhaite louer ses services pour transporter ses astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS).
Un atterrissage sans incident permettrait au géant de l’aéronautique de boucler enfin une mission réussie de bout en bout, après un échec en 2019. Et du même coup de redorer un peu son image, après avoir été dépassé par SpaceX, dont la capsule est déjà partie servir. comme taxi de la NASA à partir de 2020.
Mardi, les astronautes à bord de l’ISS ont fermé l’écoutille du Starliner. La capsule doit être déconnectée de la station pour entamer son voyage de retour à 14h36 mercredi (18h36 GMT).
Il transporte 270 kg de charge utile, dont des réservoirs d’oxygène réutilisables, qui seront remplis sur Terre et remis en orbite plus tard.
Si l’atterrissage est reporté, par exemple en raison de conditions météorologiques défavorables, une nouvelle opportunité est possible le vendredi.
– Pièges à répétition –
Starliner a décollé de Floride jeudi dernier et s’est amarré à l’ISS pour la première fois le lendemain. De nombreux tests ont été effectués ces derniers jours pour vérifier le bon fonctionnement du véhicule une fois connecté au laboratoire de vol.
Mais le succès de l’amarrage de vendredi, notamment, avait été un vrai soulagement pour Boeing, après une première tentative en 2019. A cette époque, Starliner avait dû repartir plus tôt que prévu, avant de parvenir à se rendre en gare.
L’atterrissage n’avait posé aucun problème.
Après cette première mission ratée et une longue période d’ajustements, le vol d’essai a dû être retesté en août 2021. Mais alors que la fusée était déjà sur le pas de tir, les valves de la capsule se sont bloquées à cause d’un problème d’humidité. Le navire a dû retourner à l’usine pour des réparations pendant dix mois.
Cette fois, le vol vers l’ISS s’est bien passé, malgré un problème détecté dans le système de propulsion : deux des 12 hélices utilisées par la capsule pour se placer dans la bonne trajectoire après le décollage n’ont pas fonctionné.
Ces ergols seront rallumés pour la manœuvre orbitale de mercredi, visant à ramener la capsule dans l’atmosphère terrestre. Mais la NASA a déclaré que l’erreur ne serait pas un problème.
– Test habité à venir –
Après cette mission, un deuxième vol de démonstration devra être effectué, cette fois avec des astronautes à bord, pour que l’engin spatial obtienne la certification de la NASA.
Boeing espère y parvenir d’ici la fin de l’année et commencera ensuite des missions régulières vers l’ISS. Mais le timing exact dépendra de l’analyse des performances de Starliner ces derniers jours.
L’agence spatiale américaine a signé des contrats au forfait avec SpaceX et Boeing.
Par le recours à deux sociétés, elle veut diversifier ses options, pour ne plus jamais risquer de se retrouver sans moyens de transport américains, comme après l’arrêt des navettes spatiales en 2011. Jusqu’à SpaceX, la NASA en était en effet réduite à payer des places dans Russie. Fusées Soyouz.
La société d’Elon Musk, encore nouvelle venue dans l’industrie aérospatiale par rapport à Boeing, a déjà transporté 18 astronautes vers l’ISS avec sa propre capsule, Dragon, ainsi que quatre passagers privés, lors d’une mission de tourisme spatial.