PISCINE Nouveau via ReutersEmmanuel Macron photographié à l’Elysée le 13 mai (illustration).
POLITIQUE – Ils ne savent toujours pas exactement ce que ce sera, mais ils savent déjà qu’ils n’en veulent pas. Suite à l’annonce d’Emmanuel Macron de vouloir convoquer un “Conseil national pour la refondation” avec “les forces politiques, économiques, sociales et associatives” ainsi que les citoyens tirés au sort, plusieurs leaders de l’opposition font un pas vers ce samedi 4 juin pour dénoncer une coup d’Etat visant à destituer le Conseil National de la Résistance (CNR).
Pour l’eurodéputé LR François-Xavier Bellamy, cet outil “n’est qu’un gadget de plus” qui ne peut résoudre les crises que traverse le pays. “Le second mandat d’Emmanuel Macron a à peine commencé qu’on n’est pas lassé de cette nouvelle astuce de communication”, a-t-il déclaré. Dans le même parti, le chef des sénateurs LR, Bruno Retailleau, a fait des critiques similaires. “Quand le vide politique tente de se cacher derrière la grandiloquence des mots et le poids de l’artifice de la communication”, a tweeté la sénatrice, dénonçant la “vieille soupe” que voudrait avaler le chef de l’Etat français.
Conseil national de refondation : quand le vide politique tente de se cacher derrière la grandiloquence des mots et le poids des artifices de la com. @EmmanuelMacron a si peu d’estime pour les Français que vous pensez pouvoir leur faire avaler cette vieille soupe ?
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) 4 juin 2022
Encore plus à droite, Marine Le Pen a également sévèrement critiqué cette annonce. « Le Conseil national de refondation est le énième dispositif de communication qu’Emmanuel Macron a trouvé pour lui faire croire qu’il va changer sa politique et sa façon de gouverner », a raillé Marine Le Pen, appelant à voter le nombre maximum de députés RN à l’Assemblée » .
A gauche, à côté de Nupes, c’est le député de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière, qui a sonné l’accusation contre ce “Conseil national de manipulation”. Pour les insoumis, il suffit de regarder ce qu’ont donné les précédentes initiatives du chef de l’Etat pour se faire une idée du résultat. “Parmi les propositions de la Convention citoyenne pour le climat, seules 15 sur 149 ont été recueillies”, poursuit Alexis Corbière.
Le Conseil National de la Refondation proposé par #Macron est le Conseil National de la Manipulation : le Pdt décidera seul. Parmi les propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat, seules 15 sur 149 ont été retenues ! Le “grand débat” ? Il n’a rien fait non plus.
— Alexis Corbière (@alexiscorbiere) 4 juin 2022
“Il pense que c’est Ambroise Croizat”
“Emmanuel Macron veut décider seul et va créer une nouvelle usine à gaz avec ce Conseil national de la refondation”, a déclaré à franceinfo Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT chargée des retraites. “J’ai l’impression qu’Ambroise Croizat se fait prendre”, raille-t-il en faisant référence au ministre communiste qui a mis en place le régime général de sécurité sociale après la guerre. “Le Conseil national de la Résistance a créé la Sécurité sociale, et M. Macron veut la détruire et détruire les droits à la retraite”, déplore-t-il encore.
Dans son entretien avec divers quotidiens régionaux, Emmanuel Macron dresse un parallèle avec la fin de la Seconde Guerre mondiale. “Nous vivons une époque comparable”, affirme le chef de l’Etat, qui a ajouté : “Nous sommes dans une époque historique qui nécessite un profond changement de modèle et puis la guerre est là.”
D’où la nécessité, selon lui, de pouvoir faire des réformes à travers des instances qui permettent le consensus. “Ce conseil, que je mettrai en place moi-même, sera mis en place immédiatement après les élections législatives”, a-t-il annoncé.
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